Jeu PSP - Le jeu 300 : March to Glory se veut fort logiquement inspiré du long-métrage, c'est pourquoi il n'est pas forcément très opportun de lui chercher des liens directs avec le comics qui sert de point de départ à cette histoire. Parce qu'il parvient avec brio à transposer à l'écran la quasi-totalité des cases du comics originel, le film de Zack Snyder mérite à mon avis largement le détour, au contraire de cette adaptation boiteuse peu conforme à l'idéologie spartiate.
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Les premiers combats annoncent clairement la couleur : celle du rouge vif du sang qui jaillit des corps que vous démembrez, décapitez et éviscérez à mesure que votre lame s'abat sur l'ennemi en suivant la cadence oppressante de la bande-son.
Le défaut principal est sans aucun doute cette lenteur consternante pour un beat'em all, qui sabote l'action au point de nous donner l'impression de nous battre sous l'eau tant l'animation peine à trouver un rythme décent. Dans certains niveaux, l'animation rame tellement qu'elle rend l'action complètement risible. Autre problème majeur, l'impossibilité de contrôler soi-même la caméra qui n'offre jamais une vue décente de l'action, y compris durant les quelques phases d'infiltration où il devient littéralement impossible de surprendre des gardes qui n'apparaissent même pas dans la partie visible de l'écran.
Dans ce dernier cas de figure, vos ordres sont exécutés par l'ensemble de vos hommes qui synchronisent leurs mouvements pour abattre leurs lances en même temps et assurer ainsi l'avancée constante de leur formation. Que vous contrôliez une phalange ou bien uniquement Léonidas, vous devrez rester attentif au son de la corne de brume et à l'assombrissement du ciel qui annoncent l'arrivée subite d'une volée de flèches, vous forçant à vous recroqueviller pour contrer l'assaut en levant votre bouclier. Une idée intéressante qui vous oblige à conserver ce dernier précieusement pour éviter d'avoir à courir pour en chercher un autre si jamais vous le laissez s'enflammer, d'autant qu'il peut aussi être utilisé de manière offensive pour déséquilibrer un ennemi.
La plupart des ennemis ne pouvant être vaincus que d'une manière bien précise, on pourrait se féliciter que le titre nous incite à recourir à chacune de ces techniques si cela n'alourdissait pas autant le gameplay. Tout repose en fait sur la jauge de colère dans laquelle vous devez puiser pour optimiser la puissance de vos frappes ou pour recourir à des talents spéciaux qui ont le mérite de vous redonner de l'énergie lorsque vous vous battez, avec parfois un effet de ralenti supplémentaire. Si les armées adverses n'opposent généralement que peu de résistance, les choses se compliquent nettement lors des affrontements contre les boss, parmi lesquels on retrouve les principales figures du film comme le géant, le bourreau ainsi que d'autres totalement inédits, les immortels étant considérés comme des ennemis de base.
Si les rares phases d'infiltration ne sont pas franchement glorieuses, le constat est hélas le même pour ce qui est des quelques énigmes qui surviennent de temps à autres et qui n'apportent absolument rien au jeu, sinon en justifiant la présence d'une ou deux interactions possibles avec le décor. On est bien loin de l'efficacité redoutable d'un God of War où les scènes cultes s'enchaînent sans interruption, et c'est d'autant plus regrettable que le film méritait mieux. Accusant en plus une durée de vie rachitique, 300 : March to Glory n'a pas la trempe d'une adaptation digne du comics ou du long-métrage. On en vient presque à se féliciter que les autres supports aient été épargnés.
C'est sans doute le pire défaut dont puisse souffrir un beat'em all, et ceux qui ont apprécié la dimension démesurée et sans concession du long-métrage auront tout intérêt à se tourner vers un bon God of War sur PS2.
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