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L'actualité du Moyen-Orient met en lumière l'une des plus graves crises que traverse le Liban depuis la guerre civile de 1975-1990. Le pays a dû reporter pour la dix-septième fois l'élection à la présidence au mois de mars dernier. La montée des tensions entre le Hezbollah pro-syrien et la majorité anti syrienne a fini par dégénérer en affrontements meurtriers, soulignant une nouvelle fois le poids des religions dans la gestion politique du Liban.
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Alors que la crise libanaise gangrène la stabilité du Moyen Orient depuis novembre 2006 et dégénère en violences, les médiateurs de la Ligue arabe avaient donné rendez-vous aux acteurs politiques du pays en mai dernier au Qatar. Ils ont pu obtenir l'arrêt des affrontements entre le gouvernement en place et le Hezbollah. Les pourparlers inter libanais de Doha ont ainsi permis de mettre un terme aux affrontements qui ont fait 81 morts suite à la mise hors-la-loi du système des télécommunications parallèle du Hezbollah et le limogeage du directeur de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth, proche du mouvement islamiste. La Syrie, que les Américains montrent du doigt dans cette crise libanaise, a apporté son soutien à l'accord trouvé par la Ligue arabe.
L'attaque de la résidence de Saad Hariri dont le mur d'enceinte a été touché par une roquette témoigne de la gravité des affrontements du mois de mai au Liban. Des partisans armés des mouvements chiites Hezbollah et de l'opposant druze Talal Arslane et des sympathisants sunnites du Courant du Futur du chef de la majorité, Saad Hariri se sont affrontés à l'arme automatique dans plusieurs quartiers mixtes sunnites-chiites de l'ouest de Beyrouth. Les media appartenant à la famille de Saad Hariri ont été contraints de fermer leurs portes alors que les manifestants de l'opposition bloquaient l'accès à l'aéroport de Beyrouth.
L'ingérence de la Syrie au Liban ne fait aucun doute pour Washington et ses principaux alliés qui ont boycotté le sommet arabe tenu à Damas en mars 2008. Ceci même si le président syrien Bachar El-Assad s'est dit attaché à «la stabilité, la souveraineté et l'indépendance du Liban.» L'Égypte, l'Arabie saoudite et la Jordanie, qui soutiennent la majorité antisyrienne au pouvoir, ont préféré exprimer leur mécontentement en dépêchant une délégation de moindre rang. La Syrie a officiellement réagi en dénonçant l'attitude de Washington ainsi que l'ingérence du président français, Nicolas Sarkozy, qui avait apporté son soutien à l'Égypte et à l'Arabie Saoudite.
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