Prenant comme point de départ qu'une nouvelle guerre mondiale reste possible, Battlefield 2142 opère un bond de deux cent ans depuis le second conflit du milieu du 20ème siècle. Une projection fataliste qui fait de l'homme de la simple chair à canon, remplacé par des machines à la puissance phénoménale. Les méchas foulent de leur pas lourd des étendues ravagées, pendant que les Titans réduisent toute résistance à l'état de cendres fumantes. Un futur cataclysmique, pessimiste, mais bel et bien idéal pour y placer un FPS de masse. Qui des forces de l'Union Européenne ou de la CPA remportera la victoire ? Il se pourrait bien que ce soit uniquement le temps.
Débutant fiévreusement par une présentation relativement peu loquace des conflits en présence, Battlefield 2142 continue sur cette lancée tout au long de son aventure guerrière. Alors que l'on espérait enfin voir débarquer un mode solo assez convaincant, dans la droite ligne de celui présent dans Battlefield 2 : Modern Combat, le titre d'EA nous rejoue le mauvais tour de l'absence quasi totale d'intérêt lorsque l'on tente de plonger seul dans l'enfer du combat. Cette nouvelle engeance de la saga Battlefield n'apporte sur la forme pas énormément de choses inédites. Dans les faits, les modes de jeu se divisent toujours en plusieurs catégories. Vous aurez donc l'immense honneur de participer aux habituelles Conquête et Coopération, à travers différents types de cartes. La première, nommée Assaut, repose sur le principe fondateur de la saga, à savoir la capture de "tickets". Ces derniers représentent en résumé le nombre de vies allouées à l'ensemble des soldats d'un camp. De fait, si ceux-ci tombent à zéro, la partie s'achève logiquement. Il vous incombera donc de prendre l'ensemble des points de contrôle de l'ennemi, ce qui aura pour effet de faire diminuer le nombre de tickets en attendant que votre adversaire parvienne à reprendre au moins un des dits points de contrôle. Les autres dérivés reprennent cette base tout en modifiant quelque peu les conditions.
La carte Double Assaut par exemple permet d'éliminer les tickets de votre opposant en occupant seulement la moité des checkpoints. Néanmoins, la victoire pourra également vous être concédée immédiatement si vous parvenez à posséder l'ensemble des points stratégiques. Le principe de Coopération implique de jouer contre des bots ou d'intégrer leur groupe tout en suivant les règles de base de la Conquête. Rien de bien neuf sous les balles donc, jusqu'à la découverte du mode Titan. Véritable ode à un mélange astucieux entre de la piraterie et du combat épique digne des plus grandes épreuves de la mythologie grecque, cet apport lumineux se base sur deux phases intimement liées. Tout d'abord, il faut savoir qu'un Titan est un engin volant surarmé et gigantesque, modèle miniature plus cubique du célèbre Star Destroyer. Tout aussi dangereux, ce vaisseau carnassier est protégé par un bouclier pratiquement indestructible, uniquement sensible aux tirs de missiles longue distance. C'est pour cela que vous devrez dans un premier temps occuper les divers silos répartis sur la zone de combat afin de propulser ces munitions démesurées sur cet adversaire à la stature mystique. Une fois les protections annihilées, laissant le géant sans aucune défense, vous devrez tout tenter pour le réduire définitivement au silence.
Les classes ont subi quelques faibles remaniements. Au nombre de quatre, ces dernières incluent les soldats de reconnaissance et d'assaut ainsi que le sapeur ou encore le guerrier de soutien. Le premier s'apparente tout simplement au sniper habituel, tandis que le second s'avère être le fantassin de base, polyvalent mais également détenteur d'une salvatrice trousse de soin qui lui permettra de panser les blessures de ses collègues. Du moins en théorie, car cela se passe bien différemment sur le champ de bataille, vos coéquipiers vous laissant mourir honteusement neuf fois sur dix.
Plus lent mais plus puissant, le sapeur est le prince du bazooka, voire le roi de la roquette. Il est de plus capable de réparer n'importe quel véhicule, encore une fois en théorie. Plus sympathique, le soldat de soutien transporte des munitions, une denrée vitale qui peut réellement modifier le cours d'une situation. Aussi polyvalent qu'un combattant d'assaut, il se révèle plus puissant, plus précis, mais un peu moins véloce, ce qui en fait l'une des meilleures unités du jeu. Battlefield 2142 réutilise le système de commandement présent dans Battlefield 2, par le biais de la rosace de communication. Autre nouveauté tangible, le gain d'équipement au fil du classement. Au final donc, grâce à son ambiance fantastique, son design très étudié et ses mécanismes de jeu profondément solides, le titre d'EA ne peut qu'attirer le joueur et le conserver longtemps dans ses rangs. Malheureusement, son avarice au niveau des innovations et l'impression de participer à un Battlefield : Vietnam dans le futur restent tenaces et empêchent d'y trouver suffisamment de fraîcheur pour convaincre totalement. Surtout après autant d'épisodes. Un très bon titre, mais un peu trop timide et réservé.
Immersif, diffusant un vrai plaisir sur le long terme et disposant d'un environnement graphique de qualité, le titre d'EA avait tout pour devenir un jeu d'exception. Il devra se contenter du statut de meilleur FPS de masse de ces derniers mois, remplaçant aisément ses aînés Battlefield 1942 et Vietnam, ce qui n'est déjà pas si mal. La raison de ce retrait réside dans le relatif manque de variété du soft et surtout dans ses carences au niveau de l'innovation. Malgré la qualité de cette série, il serait peut-être temps d'apporter vraiment du sang neuf. En tout cas j'y retourne, j'ai un Titan sur le feu.
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