Le phénomène de vitriolage d'une licence vidéoludique est dans l'air du temps. Et 'c'est dark, c'est bath' le nouveau slogan des Jak, Prince et autre Sonic, n'est pas forcément le seul apanage des héros consoles. La projection de Black And White 2 : Le Combat Des Dieux vers un synopsis chuintant de morts vivants est ainsi le credo de cet add-on, qui confinerait, par voie de conséquence, l'original à l'ennui gentillet d'une promenade dans les décors de Baudelaire - ce qui n'est pas loin d'être l'opinion de certains par ailleurs... Black And White 2 : Le Combat Des Dieux est donc de prime abord une sombre griffure dans un jeu un peu ronflonflon, ou si vous trouvez l'expression trop polie : un bon coup de pied aux fesses.
Les morts-vivants donc. Anciennement Aztèques, leur chair a été détroussé par la morsure de la décomposition et le passage des vers gloutons, si bien qu'ils appartiennent désormais à cette catégorie de monstres qui claquent des dents en marchant. Vous situez ? Bon, eh bien cette coll-os-al armée n'aurait certainement pas pu parcourir les 6 pieds qui l'éloignaient du plancher des vaches sans un petit coup de pouce divin. Surprise, donc, au sein de Black And White 2 : Le Combat Des Dieux : un dieu vous fait désormais face, égal à vous, si ce n'est supérieur, dans son influence et sa puissance. Ce Gozer de l'Eden doit lui-même son réveil à la dernière frange armée des Aztèques, survivants d'un conflit dont vous êtes précédemment sorti vainqueur. Tout le monde a donc bien les crocs et vous promet un spectacle du feu de dieu, dés que le soleil se couche, ce qui ne tarde pas puisque notre sympathique belligérant nécrologique éteint la lumière assez rapidement.
A part ça qu'y a-t-il de nouveau dans Black And White 2 : Le Combat Des Dieux ? Deux nouvelles créatures jouables, oui, on s'en serait un peu douté qu'il y aurait de ces bestioles. Tout d'abord le Tigre, qui n'était présent que dans l'édition spéciale de la version d'origine, et la Tortue, chouette animal, dont l'association avec une divinité fera remonter quelques souvenirs aux lecteurs de Ca. On poursuit avec quatre nouveaux miracles assez puissants qui ne sont vraiment pas du luxe avec cette difficulté revue à la hausse. En fait, vous pourrez oublier tous les sorts classiques devenus trop faiblards, comme la boule de feu, pour vous concentrer sur les météorites, les incantations, et surtout la coulée de lave, nouvelle star des miracles offensifs, sans aucun doute permis. On remarque aussi une petite subtilité avec le mode Miracle expert qui vous permettra de consommer moins de points par lancé, avec en contrepartie des déclenchements davantage houleux. Tous ces nouveaux miracles sont certes rigolo (surtout la lave, qui permet d'appeler au Pompeï toutes les 5 minutes), mais ils ne peuvent prétendre renouveller ne serait-ce qu'en surface un gameplay qui ne manquait pas vraiment de gros effets spectaculaires, ne serait-ce que pas la présence des Merveilles. Et là, catastrophe, car nous venons de faire le tour exhaustif des ajouts en présence.
On ne frémit jamais devant Black And White 2 : Le Combat Des Dieux, tout au plus on s'accroche à une difficulté bien réglée ou a quelques mécanismes extravagants telle la coulée de lave, et on éprouve quelque plaisir coupable à retrouver sa créature. Mais l'ensemble reste bien léger, et l'envie de continuer s'effiloche à la mesure de ces parties très, trop, similaires au titre d'origine. Manque de contenu, manque d'ambitions, manque d'idées, on savait que tout n'est pas rose pour Lionhead en ce moment (et le ton de Black And White 2 : Le Combat Des Dieux en est d'ailleurs symbolique), mais il n'y a aucune raison pour que vous en payez le prix fort.
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