Déjà sorti sur la plupart des consoles, Call Of Duty 3 se devait forcément de venir chatouiller les composants électroniques de la Wii. Prévu pour sortir avec la console le 8 décembre, c'est avec curiosité et espoir que l'on empoigne la Wiimote et le Nunchuk et que l'on se lance une nouvelle fois dans l'enfer de la guerre. Car c'est là tout le débat, alors que la console est bien moins puissante que ses homologues next-gen, celle-ci tente de compenser par un gameplay qu'elle veut résolument différent et plus accessible. Sujet particulièrement intéressant quand on a affaire à un portage. Alors finalement, qu'est-ce que ça donne ?
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On garde ce qui a fait la force du grand frère, on change un peu le décor, on ressort une bande-son à la dimension hollywoodienne, on rajoute des explosions et on adapte les graphismes. Pourtant, doit-on reléguer cette suite au statut de simple suite insipide ? Le constat est finalement mitigé, avec des améliorations anecdotiques dans certains cas, et d'autres particulièrement réussies. En ce qui concerne le contenu, vous ne trouverez aucun changement à la campagne solo dans cette version Wii. Par contre, le mode multijoueur s'est tout simplement volatilisé dans la fureur des combats.
Au fil des missions, on incarne toujours plusieurs soldats qui évoluent au sein des unités américaines, britanniques, canadiennes ou polonaises. L'objectif est, vous vous en seriez douté, de bouter l'envahisseur nazi hors de Normandie, et à terme de libérer la capitale française. Vous allez donc martyriser la campagne française de vos bottes virtuelles pendant la totalité du titre, ou parfois aux commandes d'un char. Ce contexte implique que tous les environnements du jeu seront toujours du même registre, villages et villes du nord en ruine, des entrepôts, des collines boisées, etc. C'est vrai qu'au bout d'un moment, la lassitude s'installe et on aurait bien envie de retrouver les chaleureuses rues enneigées de Stalingrad ou la poussière délicate de l'Afrique du nord. La mise en scène, énorme point fort de la série, a ici moins de pêche que d'habitude, et les attitudes scriptées des ennemis semblent plus visibles encore. Pourtant, le nombre de soldats à l'écran et les explosions se font plus nombreux que jamais, mais le jeu peine à nous plonger dans l'enfer de la guerre.
On se déplace donc en utilisant le stick du Nunchuk, et on oriente son viseur avec la Wiimote. Moi qui espérais une maniabilité exemplaire, je suis vite retombé sur terre avec pertes et fracas. Le choc fut rude et j'en suis encore réduit à me masser le popotin avec des onguents aussi malodorants que variés. Franchement, maîtriser votre soldat vous demandera une dose de dextérité plutôt conséquente. Même si on parvient à faire à peu près ce qu'on veut au bout de quelques heures, le fait est que la visée reste imprécise et erratique, et ce malgré la possibilité de régler la sensibilité dans les menus. Call Of Duty 3 est un jeu sauvage et violent où la terre tremble sous le martellement constant des obus, dans ce contexte, viser un ennemi avec précision relève souvent de l'exploit. L'écran tremblote, la Wiimote vibre, et vous, vous êtes rapidement perdu. De même, lorsque l'action s'emballe, il n'est pas rare de se retrouver à viser le plafond ou le ciel. Pourtant, le combo Nunchuk/Wiimote apporte indéniablement un plus quand il s'agit de réaliser certaines actions contextuelles. Ainsi, le pilotage d'une jeep vous forcera à empoigner les commandes comme un volant, et les quelques phases de corps-à-corps deviendront assez énergiques.
Il vous faudra du temps pour apprendre à le manipuler. La combinaison Nunchuk/Wiimote n'apporte finalement pas grand-chose au gameplay, si ce n'est moins de précision et de confort. La campagne vous occupera pendant une dizaine d'heures si comme moi, vous avez du mal à vous faire au maniement. Le titre tente de jouer dans la même catégorie que son grand frère mais s'en tire moins bien et c'est avec un petit goût amer dans la bouche qu'on éteint la console.
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