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Le cérémonial complexe et harmonieux qui entoure la préparation et la dégustation du thé prouve que ce rituel dépasse largement une simple vocation gourmande. L'art du thé japonais ne saurait se réduire à un art de gourmet. Pour parvenir à une maîtrise parfaite de la cérémonie, le pratiquant doit s'astreindre à des années de pratique. Habillé d'un kimono, il utilise des ustensiles spécifiques qui sont de véritables objets d'art et participent à cette recherche globale de sérénité et d'harmonie. Les invités eux-mêmes doivent connaître leur « partition » pour participer à cette symphonie sans fausse note. La cérémonie complète du thé se nomme « chaji » ; elle dure quatre heures et inclut la prise d'un repas frugal (le kaiseki), la dégustation d'un thé fort (le koicha), suivie de celle d'un thé léger (l'usucha).
La réunion de thé inclut diverses phases de purification du lieu et des participants. Le pavillon de thé est d'abord nettoyé par l'hôte, puis purifié en y brûlant des bâtonnets d'encens. Le chemin d'accès qui traverse le jardin est aspergé d'eau dans le même souci de purification. Les invités se livrent à plusieurs ablutions avant de pénétrer dans l'espace dédié à la cérémonie. A l'intérieur, le décor de cette pièce de théâtre est immuable : foyer au charbon de bois, tatami, rouleau de peinture ou de calligraphie, arrangement floral, ustensiles spécifiques, pot à eau fraîche, boîte à thé en bois laqué, serviette en soie... Le thé se boit traditionnellement à tour de rôle, en commençant par l'invité d'honneur, et dans un bol commun. La mise en scène inclut les coups de gong, les gestes et salutations codifiés, la séance d'admiration révérencieuse des ustensiles.