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le magazine consommation
Si le succès musical inexplicable de Crazy Frog tend à s'estomper singulièrement, sa piètre prestation en tant que daube vidéoludique n'a semble-t-il pas découragé Neko Entertainment de poursuivre l'expérience sur PC et PS2, entêtés qu'ils sont, persuadés de proposer un rapport qualité-prix suffisamment intéressant pour en légitimer l'achat. Si Crazy Frog Racer 2 reste fidèle au concept de base, qui est celui d'un jeu de courses, quelques idées viennent en ce sens étoffer le contenu qui inclut désormais un jeu de rythme, une sorte de flipper et des arènes multijoueurs, théâtre d'affrontements directs entre pilotes chevronnés. Si l'on ajoute à cela un effort esthétique notable et quelques petites "améliorations" distribuées çà et là, tout nous pousse à penser que le gameplay a lui aussi changé. Triste illusion. Avant d'aborder cette jouabilité indigeste et calibrée en état d'ébriété, il est tout de même bon de faire un tour rapide des menus et des modes de jeu mis à notre disposition.
En solo, l'essentiel se situe au niveau des championnats, quatre au total, décomposés en trois courses, arborant différentes thématiques graphiques (Football, Ice, City et Beach). A côté de cela se trouvent des contre-la-montre, des courses simples et des poursuites pendant lesquelles l'objectif est de résister aux assauts récurrents de quelques Drones mal intentionnés. Apparaissent également deux types de mini-jeux : le "Dance Frog" et le "Froggy Pinball". Le premier est un jeu de rythme qui impose au joueur de suivre un tempo précis en pressant les touches indiquées aux moments opportuns pour voir la bestiole se trémousser nerveusement sur des reprises ou des morceaux originaux signés Crazy Frog. Etagés sur trois niveaux de difficulté, ceux-ci sont sans intérêt aucun puisque mous, banals et sans aucun rapport avec les notes et le tempo de la musique jouée. Le second est un semblant de flipper où l'on dirige une bombe qu'il faut envoyer sur un maximum de robots, dispersés sur le plateau. Le problème est que l'on a sans doute omis d'expliquer le concept de flipper aux développeurs puisqu'on peut à tout moment arrêter la course de la bombe pour l'orienter ensuite dans la direction de notre choix... Sans saveur, répétitif et particulièrement mal introduit. On se demande bien ce qu'une telle épreuve peut apporter à Crazy Frog Racer 2.
Malheureusement, les modes de jeu secondaires ne sont pas les seuls à souffrir d'une jouabilité douteuse, les courses emboîtent ce mauvais pas et n'ont aucunement évolué. Les erreurs accumulées sont tellement nombreuses que l'on se demande si le gameplay n'est pas ce qui est passé en dernier dans les priorités de développement de Crazy Frog Racer 2. Les commandes réagissent mal et sont imprécises, la sensation de vitesse est aux abonnés absents, les réceptions de sauts sont complètement loupées, les indications de virages sont beaucoup trop tardives, les items beaucoup trop nombreux, l'IA particulièrement irrégulière et la dénivellation des tracés si mal étudiée qu'il faut parfois freiner pour franchir un saut sans sortir de la piste. Bref, rien n'est bon, d'autant qu'un rétroviseur n'a toujours pas été inclus, pas davantage que la possibilité de changer de vue. La seule nouveauté réside dans le fait que le choix de personnages est étendu à douze avatars, toujours aussi peu attirants, et affichant l'éternel bug des changements de capacités en mode deux joueurs.
En priant pour qu'un troisième volet ne soit pas déjà en route... Daube tu es, daube tu resteras. Ma chère grenouille, ton avenir est ailleurs que dans le jeu vidéo et nous te serions particulièrement reconnaissants de te retirer avant d'inciter involontairement des violences incontrôlées à ton encontre. Nos rires se transforment en moqueries et pourraient bien finir en colères si tu insistes une nouvelle fois. Vade Retro petit être !