Après deux sorties de luxe, Def Jam : Icon, le jeu de combats de rappeurs, fait son come-back sur le devant de la scène tel un Michel Polnareff boosté aux amphétamines. Le bougre a même décidé de se servir des manges-disques les plus puissants du marché pour fêter l'événement. C'est donc la Playstation 3, casaque noire, porte-jarretelles gris métallisé, et la Xbox 360, marcel blanc et collier vert fluo qui se proposent aujourd'hui pour faire rugir votre sono et martyriser votre sonotone.
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Un an plus tard, sa suite, Def Jam Fight For NY enfonçait le clou platiné en affinant un gameplay déjà bien rodé et en donnant un peu plus d'ampleur aux combats des rappeurs. Def Jam : Icon a donc la lourde tâche de succéder à deux très bons jeux et espère faire aussi bien, sinon mieux que ses illustres aînés. Sans plus attendre, je vous propose de plonger avec moi dans cet univers violent, où les coups s'échangent en rythme avec les beats enragés des artistes du label Def Jam.
Les autres modes n'offrant simplement que la possibilité d'affronter le rappeur de votre choix dans votre arène favorite, ou encore de vous entraîner contre un adversaire dont vous aurez réglé l'agressivité au préalable, voire même contre un pote consentant. Bref, vous l'aurez remarqué, les bastons de Def Jam : Icon ne s'en tiennent cette fois qu'au face-à-face entre deux combattants relativement célèbres, pas plus. Le mode Monter Un Label fait donc office de campagne et vous propose de créer votre propre avatar à l'aide d'un éditeur assez performant. Suite à une échauffourée dans un bar, le grand manitou d'un label de disques vous remarque et vous offre un job dans son business.
Dès cet instant, vous disposerez de votre propre appartement, aussi bien entretenu que de vieilles toilettes publiques d'ailleurs. Cette antre nauséabonde deviendra pourtant bien vite le centre névralgique de toutes vos activités. C'est là que vous pourrez consulter vos emails, changer de fripes, gérer votre compte en banque ainsi que votre politique commerciale en tant que jeune producteur d'albums. Votre job, c'est de veiller à ce que les artistes du label fassent bien leur boulot, ne soient pas dérangés par des détraqués ou des émissaires d'autres sociétés venus pour les intimider, et bien sûr de faire signer d'autres rappeurs. Plus vous vous rendez utile, plus le boss vous permettra de prendre une part active dans les affaires du label, jusqu'à ce que vous puissiez gérer vous-même vos propres artistes. On pourra certes choisir d'investir dans quatre domaines spécifiques, à savoir le marketing, la production de disques en elle-même, la diffusion radio et les apparitions TV, mais dans l'absolu, plus vous investissez, plus vous empochez de billets verts.
Malheureusement, il semblerait bien que Def Jam ait perdu de sa superbe en ce qui concerne les mécanismes de combat. Ici, point d'armes, de mouvements éclairs ou de customisation de votre manière de distribuer des calottes. Seuls six styles de combats différents sont accessibles et si on pourra tous les débloquer au fur et à mesure de notre progression, on ne pourra en choisir qu'un seul avant chaque empoignade.
On disposera alors de deux attaques, déclenchables en pressant la gâchette de gauche et en effectuant des mouvements spécifiques avec le ou les sticks analogiques. La première consiste à remplacer le morceau de départ (généralement celui de votre adversaire) par le vôtre et ainsi bénéficier d'un léger bonus d'efficacité. La seconde, de loin la plus intéressante, s'apparente au scratch et vous permettra d'interagir avec les éléments du décor. Chaque lieu de combat, qu'il s'agisse d'une boîte de nuit, d'un appartement chic, d'un studio d'enregistrement ou d'une station essence, comporte des zones à risques, identifiables par des sortes de pulsations, où des objets du décor peuvent se disloquer ou exploser au rythme des beats de la musique. Si vous parvenez à projeter ou amener, un adversaire dans une de ces zones, puis à user de la technique du scratch au bon moment, le pauvre subira alors une attaque dévastatrice et spectaculaire.
L'enchaînement de super combos de la mort qui tue passe au second plan, et tous nos actes ne sont orientés que vers un seul et unique but : réaliser le mouvement roi du soft, j'ai nommé la projection. On s'approche de l'adversaire, on lui colle deux ou trois mandales et dès que possible, on l'envoie valdinguer sur des baffles explosives, une pompe à essence, le rotor d'un hélicoptère, etc. Ainsi, les combats de Def Jam : Icon se parent rapidement d'une certaine lourdeur assassine et finissent par lasser.
Les rappeurs, au nombre desquels on pourra trouver Fat Joe, Redman, Sean Paul, Bun B et bien d'autres, sont tous superbement modélisés et animés. Par défaut, le jeu n'affiche aucune barre de vie et seule l'application de filtres sur l'image vous permettra d'évaluer l'état de votre guerrier mélomane. Enfin, les basses de chaque morceau font onduler les décors, peut-être trop peu nombreux, et offrent au spectateur un show de grande qualité, surtout en HD. Bref, Def Jam : Icon est un bon jeu, mais malgré sa plastique superbe, on ne pourra s'empêcher de constater que les nouveaux mécanismes de jeu, trop simplistes, ont fini par déséquilibrer le solide gameplay de la série et à le rendre moins riche. Dommage.
La faute à des combats qui ont perdu de leur richesse et qui finalement, apparaissent beaucoup moins stratégiques que par le passé. Malgré tout, le plaisir qu'on éprouve à voir Sean Paul se faire proprement démonter suffira sans doute à beaucoup de monde pour justifier un achat, ou tout du moins une location.
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