Parvenus en Europe dans le désordre mais suivant malgré tout une certaine logique, les épisodes de la saga Dragon Quest se chargent de nous faire découvrir tout un pan de la culture rôliste nippone restée trop longtemps inaccessible au public européen. Si le ton du quatrième volet était plutôt léger, la trame narrative de Dragon Quest V : La Fiancée Céleste se veut beaucoup plus sombre et explique sans doute pourquoi cet opus compte parmi les plus plébiscités par les nostalgiques.
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Derrière son sous-titre évoquant plutôt l'espoir et l'onirisme, Dragon Quest : La Fiancée Céleste nous inflige en réalité l'un des scénarios les plus difficiles que l'on ait connu dans un RPG. Cruel destin que celui d'un gamin ayant vu le jour au prix du sacrifice de sa mère. S'ouvrant à la fois sur une naissance et un décès, le jeu assume d'emblée sa volonté de nous confronter au thème de la vie et de la mort. L'abandon, le sacrifice, puis l'esclavage, voilà ce qui attend notre jeune héros au cours de son voyage par-delà le monde en quête d'un mystérieux élu capable de brandir l'épée zénithienne. Se déroulant sur trois générations successives, Dragon Quest V fait partie des rares RPG sur consoles à suivre le parcours des personnages à travers toute leur vie. Débutant son périple en tant que jeune garçon, le héros sera plus tard amené à choisir celle qui partagera sa vie lorsqu'il sera adulte. Le plus étonnant est que le jeu vous demande bel et bien de choisir entre plusieurs jeunes femmes que le héros a rencontrées au cours de son voyage. Mais la surprise de cette version DS est que Bianca, votre amie d'enfance, et Nera (Flora), l'héritière d'un riche baron, ne sont plus les seules prétendantes au titre de future épouse. La nouvelle venue est pour le moins inattendue et donne à ce remake un argument supplémentaire pour inciter les fans à refaire le jeu.
Contrairement à la grande majorité des RPG, Dragon Quest V ne contraint pas le joueur à former un groupe constitué uniquement des personnages prévus à cet effet. En plus des individus qui se joindront à vous au gré du scénario, vous pourrez en effet être amené à capturer des monstres après les avoir affrontés et vaincus en combat. Attention toutefois, il n'est pas question de les affaiblir pour les capturer, mais plutôt d'attendre qu'ils acceptent de sympathiser avec vous pour les voir rejoindre leurs nouveaux compagnons dans le chariot. Ainsi, si vous intégrez un monstre encore sauvage dans votre groupe, attendez-vous à ce qu'il ne suive pas scrupuleusement les ordres que vous lui aurez donnés. Malgré tout, la présence de quatre monstres mis en réserve dans le chariot permet de remplacer immédiatement un membre actif en difficulté. On dispose ainsi de huit personnages susceptibles d'intervenir au cours d'un même combat, sauf dans les donjons où la caravane ne suit pas.
Les cités, qu'elles soient fastueuses ou modestes, abritent toujours leur lot de NPC précieux, à l'instar du banquier qui veillera sur votre or pendant que vous risquerez votre vie dans les donjons. La mort entraînant la perte de la moitié du capital d'argent, ce n'est pas une chose à prendre à la légère. Moins sinistre, le casino regorge de machines à sous et autres épreuves destinées à vous divertir, pour peu que vous ayez le goût du jeu. Le soft regorge d'ailleurs d'éléments amusants que la version française nous permet enfin d'apprécier à leur juste valeur.
La progression a également le mérite de faire preuve de subtilité, certaines énigmes nous obligeant à jouer avec l'alternance naturelle du jour et de la nuit, sans parler des multiples coffres et portes cachés, camouflés derrière le décor et visibles uniquement en faisant pivoter la caméra. Par rapport à la version originale sortie sur Super Famicom, et en plus du lifting graphique évident, l'opus DS comporte un certain nombre de remaniements apportant un meilleur confort de jeu. L'apparition d'icônes, calquées sur l'interface de Dragon Quest IV : L'épopée des élus, nous fait presque oublier l'austérité du gameplay de la série, même si la longueur des sauvegardes et la gestion de l'inventaire font toujours preuve de lourdeurs sur cet opus DS. Finalement, ces quelques défauts se révèlent minimes en comparaison de cette immense fresque que représente Dragon Quest V : La Fiancée Céleste.
L'attente fut longue mais elle en valait la peine. Beaucoup plus riche sur le plan narratif que son aîné, ce Dragon Quest V se démarque aussi par son système de monstres à enrôler et de générations successives permettant de suivre la destinée du héros sur une vie entière, ou presque.
NOTE : 18/20
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