Cette fin d'année est plutôt riche en sorties de First Person Shooter multijoueurs : Team Fortress 2, Unreal Tournament 3, Enemy Territory : Quake Wars... Il y en aura pour tous les goûts. Le dernier de la liste ouvre le bal aujourd'hui et propose un curieux mélange entre le gameplay de Wolfenstein : Enemy Territory et l'univers de Quake.
Tags: gameplay, guerre avec des extraterrestres, jeu stratégique, force de défense mondiale,
Quake Wars est en fait la genèse de la série puisqu'il se situe au début de l'invasion de la Terre dans les années 2060. Le seul but des Stroggs est de se nourrir de l'humanité et de la transformer pour venir grossir leurs rangs. Pour contrer l'invasion, les hommes se sont réunis dans la Force de Défense Mondiale (FDM). Ils luttent désespérément aux quatre coins du Monde pour leur survie.
Placer le conflit à l'échelle planétaire permet de plus impliquer le joueur et aussi de varier les environnements traversés, joliment réalisés. En effet, le moteur amélioré de Quake IV tient ses promesses, le jeu n'est pas vraiment impressionnant techniquement comme un Crysis mais le design assez froid colle bien au contexte apocalyptique. Les quatre continents sont autant de campagnes composées de trois cartes chacune. Une rapide multiplication plus tard, ce sont donc douze maps au total qui sont proposées dans le jeu. Elles sont vastes, proposent donc de multiples chemins et arrivent à peu près à maintenir l'équilibre entre attaquants et défenseurs. Car le gameplay de Quake Wars est basé sur l'attaque et la défense, selon l'équipe dans laquelle on se trouve. Les joueurs de Wolfenstein : Enemy Territory ne seront pas dépaysés (hormis l'univers, qui change de la Seconde Guerre mondiale). Pour les autres, voyons en détail comment une partie fonctionne.
Prenons par exemple la map Island de la campagne africaine. Les forces de la FDM doivent s'emparer d'un disque contenant de précieuses données sur la technologie des portails Stroggs. Pour cela, plusieurs objectifs doivent être réalisés dans un ordre bien précis : construire un générateur pour pouvoir ouvrir les massives portes d'entrée de l'observatoire, puis détruire la porte blindée du coffre contenant le disque convoité, enfin s'en emparer pour aller transmettre les données grâce à la parabole. Le but de l'équipe adverse est bien évidemment de retarder au maximum cette progression du front en défendant, et ils l'emportent au bout de vingt minutes si les assaillants n'ont pas accompli leur mission. Toutes les maps sont construites sur ce schéma de base, avec bien sûr des variantes dans les objectifs selon l'équipe qui attaque.
Concrètement, sur le terrain, la réalisation des objectifs se fait grâce aux différentes classes de militaires que les joueurs peuvent choisir. Elles sont au nombre de cinq : soldat, mécanicien, artilleur, infirmier et saboteur, et leurs équivalentes dans le camp Stroggs, très similaires. Chaque classe à son rôle à jouer dans la partie : lorsqu'un objectif doit être détruit, c'est le soldat qui intervient pour placer une charge explosive. Bref, la complémentarité entre les classes est essentielle à la progression de l'équipe. Une bonne coordination est nécessaire afin de garder un équilibre entre elles. Sur Canyon, si personne ne joue mécanicien en début de partie, le pont ne se bâtira jamais tout seul... De la même façon, en fin de partie, un nombre conséquent de soldats est requis pour parvenir à placer la charge explosive. Tout cela fait de Enemy Territory : Quake Wars un FPS où les termes "coopération" et "teamplay" prennent toute leur importance.
D'ailleurs, le jeu est vraiment conçu de manière à empêcher toutes tentatives d'exploits personnels. Ici en effet, il n'est point question de comparer qui a le plus grand nombre de frags au compteur ou le meilleur ratio kill/death. Ces statistiques sont bien disponibles, mais uniquement dans un menu ou sur un site internet dédié. En jeu, le seul score est celui de l'expérience. Celle-ci se gagne évidemment en tuant des adversaires, mais surtout en accomplissant les objectifs. Les points obtenus sont répartis en quatre catégories : sens de la bataille, armes légères, véhicules et enfin les compétences spécifiques à chaque classe, en fonction des actions du joueur. Il y a quatre bonus dans chaque catégorie.
Leur feeling global est bon, et un clic droit suffit à faire apparaître une vue ironsight pour une visée plus précise. Le jeu contient certes Quake dans son nom, mais c'est surtout pour l'univers, on est à des années-lumière du gameplay speed d'un Quake III Arena à base de rocket jump, plasma climb et autres tricks. Les armes Stroggs sont un peu particulières, puisqu'elles ne nécessitent pas de rechargement. Elles utilisent des cellules Stroyent, qui sont aussi convertibles en vie. Chaque classe bénéficie des plusieurs armes.
Tout cela est très simple à paramétrer dans le menu limbes. Le reste de l'interface est d'ailleurs plutôt clair. Le HUD peut paraître un peu envahissant de prime abord mais les différentes informations affichées ont toutes leur utilité et sont assez bien organisées. Un système de dialogues est accessible d'un simple clic sur la molette de la souris (soulignons au passage la qualité des voix françaises). Mais accessibilité ne veut pas dire simplicité, le gameplay reste très riche, stratégique, et pour les joueurs qui s'y investiront à fond la marge de progression est énorme. Les clans ne s'y sont pas trompés, de nombreuses équipes se sont déjà formées et vont s'affronter dans des tournois. Au final, entre les joueurs tout simplement en recherche de fun le temps d'une partie et les compétiteurs en quête de nouveaux défis à relever, Enemy Territory : Quake Wars s'adresse à un large public.
Pour finir, il faut tout de même évoquer les véhicules. Côté Force de Défense Mondiale, ma préférence va toujours au tank Titan, à la fois résistant et très puissant. Il ne trouvera guère d'opposition dans le camp opposé, hormis face à un Cyclope, le mecha des Stroggs. Les pilotes aériens pourront choisir entre deux types d'hélicoptères, ou le persécuteur côté alien. On pourra également naviguer sur un ornithorynque (un bateau, pas l'animal issu d'une grosse blague de l'évolution). Des options variées donc, mais absolument pas prédominantes sur le champ de bataille : les tourelles anti-véhicules ou les soldats en viennent rapidement à bout.
Il ne ressemble à aucun autre, tant par son gameplay, bien différent de celui de la série Battlefield, que par son contexte. Avec id Software derrière, on peut s'attendre à un soutien conséquent à la communauté et à un support technique sur le long terme.
Grâce à un gameplay sans faille et une réalisation très correcte, Enemy Territory : Quake Wars s'impose sans mal comme un grand FPS multijoueur, qui saura on l'espère convaincre un large public pour s'inscrire dans la durée comme un des piliers du genre.
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