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Cette fois, on aura donc la possibilité d'incarner un personnage et de le faire évoluer de son plus jeune âge jusqu'au terme de sa vie. Son évolution découlera directement de sa manière de vivre et des décisions qu'il prendra au cours de son existence. Il s'agira donc de décider du destin de votre personnage à plusieurs âges de sa vie. Tout d'abord, on survolera rapidement l'enfance du héros. Enfin agir n'est peut-être pas le terme adéquat mais on pourra au moins manifester diverses émotions via un menu circulaire accessible en appuyant sur RB.
La véritable aventure commence en fait à l'adolescence, car c'est là, enfin, que vous serez véritablement à même d'explorer Albion. L'univers apparaît nettement plus vaste que dans le premier Fable, alternant les espaces ouverts et les zones plus confinées. Dans l'ensemble, on se sentira nettement plus libre qu'avant puisqu'il sera enfin possible de sauter par dessus les haies et de partir patauger dans des lacs et des rivières. Néanmoins, Fable II propose une large variété de zones différentes et on n'éprouvera finalement peu de lassitude à se balader dans son monde. On appréciera notamment les différentes villes et villages, vastes et peuplés de nombreux marchands.
Il est également indispensable de mentionner le fait que le soft, malgré quelques bugs de collisions et pas mal de clipping, donne véritablement vie à un somptueux univers. Albion est riche, vivant, incroyablement poétique et conserve de surcroît l'humour et la loufoquerie de son prédécesseur. Dans Fable II, vous ne pourrez pas directement consulter de cartes. On pourra certes avoir un aperçu de la zone dans laquelle on se trouve en se rendant dans le menu, mais les détails ne sont pas légion. Non, pour vous orienter, il faudra vous en remettre à une traînée de lumière censée vous indiquer le chemin vers votre prochain objectif. Désactivable, cette ligne directrice ne gêne ni ne sert véritablement le jeu, et ce malgré quelques tentatives pour en faire un élément fondamental du gameplay. Ainsi, lors de certaines séquences fortes en émotions, la bougresse disparaîtra tout simplement pour tenter de vous désorienter.
L'autre élément majeur destiné à impliquer le joueur dans l'aventure tient à la présence continue d'un chien. Pour ce faire, on cherchera à dénicher de nombreux ouvrages dédiés au dressage plus ou moins bien planqués à travers le monde. Associés à des expressions spécifiques, comme la punition, les félicitations, le jeu ou la récompense, on pourra faire de notre chien un compagnon parfait, capable de combattre comme de signaler la présence de trésors. Bref, on se retrouve là avec un compagnon de jeu auquel on tient vraiment, ce qui témoigne de la réussite de Lionhead en la matière. Là où le studio a peut-être moins bien fait les choses, c'est au niveau de l'interface et de l'inventaire, auquel on accédera en appuyant sur start.
Le système de combat s'avère lui aussi perfectible. Fable II pourtant, part d'un principe séduisant. En gros, les attaques de corps-à-corps ne s'effectuent qu'avec la seule touche X, mais celle-ci est utilisable à différents niveaux. En l'écrasant comme un sagouin, on peut tout à fait s'en tirer, mais en frappant avec rythme, on lance de nouvelles attaques. En maintenant la pression, on accède encore à un autre niveau de frappe et si on pousse jusqu'à jouer sur un timing assez serré, ce sont les mouvements de contre-attaques qui sortent. Outre les armes de mêlée, ce système s'applique aussi à la magie (Y) ou aux armes de lancer (B) tels que les arbalètes ou les fusils. Et il va de soi que toutes les combinaisons sont autorisées. De mini cut-scenes mettent en valeur les échanges les plus virils ou les mises à mort.
Mettez l'accent sur les armes de jets et vous gagnerez des points dans ce domaine particulier, ce qui vous permettra à terme d'obtenir de nouvelles capacités de tireur. L'ennui, c'est que s'en tenir aux attaques de base suffit généralement à se débarrasser de n'importe qui. Fable II, dans son désir de s'afficher en tant que titre unificateur, à même d'attirer un large public, se révèle d'une facilité déconcertante. Les combats sont certes dynamiques mais ils n'offrent aucun challenge digne de ce nom.
Dans un autre registre, on note évidemment que toutes les quêtes du jeu, aussi anodines soient-elles, vous demandent plus ou moins directement de choisir entre le bien et le mal. Le système cependant a un petit peu gagné en profondeur au sens où la valeur de vos actes est associée au bon vieux critère d'alignement d'une part, mais aussi de pureté d'autre part. Ainsi, certaines quêtes qui semblent pourtant fondamentalement manichéennes se révèlent finalement un peu plus alambiquées. Votre refus d'aider une personne en danger ne sera pas forcément interprété comme un acte mauvais, mais affectera par contre votre pureté. Vos actions, en plus de modifier votre apparence et la manière dont les habitants d'Albion vous percevront, changeront le visage même du royaume.
Une manière astucieuse de découvrir les nombreuses différences induites par des choix divergents. Il est également possible de jouer à deux sur une même console. Ainsi même si votre camarade n'a pas de personnage, il pourra néanmoins rejoindre la partie en incarnant un acolyte. Bref, voilà sans doute un aspect qui trouvera grâce auprès de nombreux joueurs. Fable II se présente donc comme le digne successeur de son aîné. Beau, riche, intelligent, plus long, le titre se montre à la fois plus accessible et plus envoûtant que le premier épisode. Une aventure qui se raconte et se parcourt tranquillement, peut-être un petit peu trop semblable à la précédente, mais qui constitue néanmoins l'une des plus grandes réussites de Peter Molyneux et de son équipe.
Fort d'un univers envoûtant, soutenu par des mécanismes de jeu intelligents, il se montre effectivement digne de la vision de Lionhead, au sens où il possède la capacité de rassembler des joueurs aux profils très différents. Fable II renferme en outre bien des secrets qui nécessiteront sans doute de nombreuses relectures pour être révélés. Mais on appréciera avant tout la poésie de cette fable onirique et immensément attachante. N'en doutez pas, Fable II se pose véritablement comme l'une des valeurs sûres de la ludothèque 360.
NOTE : 18/20