www.navi-mag.com
le magazine consommation
Dès les premières minutes de jeu, l'habitué de la série se retrouve en terrain connu. La phase de création de personnage permet de constater que le système de jeu très complet qui faisait la force des opus précédents a été conservé dans ses grandes lignes. La détermination des sept caractéristiques de base de votre avatar (les S.P. E.C.I.A.L.) permet d'établir son profil de base. Vous devez ensuite répartir des points de compétence afin de préciser son degré d'aptitude dans tel ou tel domaine. Un score élevé augmente les chances de réussite d'une action donnée, ou permet de prendre part à un mini-jeu qui en déterminera la réussite. Enfin, pour rendre votre personnage encore plus unique, vous devez lui choisir un perk (talent) à chaque nouveau niveau d'expérience acquis ; ces aptitudes particulières lui confèrent des bonus dans des domaines divers et variés
Outre votre liberté d'action et de mouvement, vous bénéficiez d'un vaste panel de répliques possibles lors des dialogues. Certaines requièrent un jet sous une de vos compétences, et la réaction de votre interlocuteur sera fonction de votre succès ou de votre échec. Plus généralement, vos choix de comportement ont des répercussions, à plus ou moins long terme, sur le déroulement de votre aventure et la façon dont auront évolué l'univers et les PNJ qui le peuplent.
Pour l'heure, vous venez de sortir de l'abri et vous êtes seul, désespérément seul dans ce monde hostile dévasté par un conflit nucléaire. Vous avez toutefois un objectif : retrouver votre père, en partant sur ses traces et en interrogeant les personnes qu'il est susceptible d'avoir croisées. Plus personnelle que la recherche d'une puce d'eau, la quête principale de Fallout 3 n'est pas forcément plus intéressante. Heureusement, elle ne sert, une fois de plus, que de fil conducteur : libre à vous d'en ignorer les tenants et les aboutissants au profit des nombreuses quêtes secondaires qui vous attendent.
Les différentes villes parviennent même à éviter la redite : construites dans un cratère, au sommet d'un pont détruit ou sur un navire échoué, elles se révèlent vraiment convaincantes. Seul bémol : l'immense capitale située au sud-est de la carte est un peu contraignante à parcourir : la faute à des environnements faussement ouverts, qui obligent à arpenter d'innombrables sections de métro pour passer de l'une à l'autre. Heureusement, chaque zone déjà visitée peut être rejointe en utilisant l'option de fast travel disponible. La surface de jeu étant bien plus immense qu'il n'y paraît au premier abord, cette fonction se révèle quasi-indispensable, même pour les puristes du voyage à pied.
Malgré leur déroulement en temps réel, ils n'ont pas grand-chose à voir avec les FPS traditionnels. A côté de ça, le VATS qui a fait couler tant d'encre se révèle à l'usage aussi pratique que grisant. Ce système permet de mettre l'action en pause pour viser une partie précise de l'anatomie d'un ennemi : de cette façon, au prix de quelques points d'action, vous pouvez le ralentir, le désarmer ou tenter le headshot.
Les intérieurs ne sont pas très jolis et les extérieurs, qui s'en sortent beaucoup mieux, comptent beaucoup sur le HDR pour mettre au second plan leurs textures disgracieuses. Les fans regretteront par contre que le style art-déco soit beaucoup moins prononcé que dans les précédents opus, et que le rendu visuel se rapproche davantage du réalisme clinique d'un S.T.A.L.K.E.R.. Mais ce qui fâche sans doute le plus dans Fallout 3, c'est l'animation très perfectible des personnages, dont le vôtre, et l'aspect robotique des PNJ rencontrés, défauts hérités d'Oblivion. De même, il faut bien avouer que le jeu souffre d'un déficit d'atmosphère. Bien que très belle, la musique ne parvient pas à retranscrire ce sentiment d'oppression et d'insécurité qui émanait des précédents opus.
L'indulgence reste de mise pour ceux qui se rappellent de l'interface extrêmement lourde des premiers Fallout. L'inventaire a notamment le mérite de proposer des filtres pour vous aider à classer la somme colossale des objets ramassables. Outre un panel d'armes toujours aussi étoffé, outre un vaste choix d'armures, outre les stimpacks, anti-rads et autres drogues qui vous maintiennent en bonne santé, vous mettrez aussi la main sur du matériel de récupération nécessaire pour construire vos propres armes. En fait, Fallout 3 regorge de ces possibilités et de ces petits détails qui font les grands jeux de rôle. Pour ne rien gâcher, il dispose d'une durée de vie monstrueuse qui, si elle n'égale pas celle d'un Elder Scrolls, vous procurera de longues heures de survie dans le Wasteland.
Tel pourrait être l'épilogue d'une polémique qui n'est cependant pas prête de s'éteindre. En préférant élargir son public plutôt que de répondre aux attentes des joueurs de la première heure, Fallout 3 se mettra naturellement à dos une partie des fans de la série. Mais ce que certains considéreront comme un mauvais Fallout reste un très bon Elder Scrolls post-apocalyptique, qui parvient à faire valoir des qualités bien réelles quoique différentes. L'essentiel est que le plaisir de revêtir son armure de cuir et de partir à l'assaut d'un camp de super mutants soit resté intact. Bref, Fallout 3 c'est du Nuka-Cola light, mais c'est vachement bon quand même.
NOTE : 17/20