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Ce système de classes est sans doute l'un des éléments les plus appréciables de cet épisode, même si ceux qui auront pu s'essayer à FFV lui trouveront quelques désagréments. Ainsi, chaque changement entraîne une baisse temporaire mais systématique des stats du personnage, qui ne remontent qu'au bout d'un certain nombre de combats, ce qui n'incite pas vraiment à en abuser. D'autant qu'il faut ensuite paramétrer manuellement tout son attirail, la fonction d'équipement optimal automatisée n'ayant pas encore été implémentée dans cet opus. Par conséquent, on se rend compte que le joueur va, la plupart du temps, se contenter de faire tourner ses jobs au minimum pour booster uniquement les plus puissants, ce qui aurait pu être évité si cette phase d'ajustement des jobs avait été corrigée.
En toute logique, les compétences dont vous bénéficiez découlent directement des jobs que vous utilisez, chacun ayant droit à des techniques spécifiques et la possibilité ou non de recourir aux différentes magies et aux invocations. Tout comme les sortilèges, ces invocations sont classées par niveaux de catégories, ce qui veut dire que le nombre de fois que vous pouvez les utiliser est géré de manière indépendante d'un niveau à l'autre. Concrètement, ce n'est pas parce que vous n'avez plus assez de points de catégorie 2 pour invoquer Shiva ou utiliser le sort Aero que vous ne pouvez pas invoquer Ifrit ou lancer un sort de silence s'il vous reste des points de catégorie 4. Pour en finir avec les jobs, ce remake bénéficie d'un meilleur équilibrage entre les différentes classes par rapport à l'opus original, même si les jobs les plus déroutants (chasseur, érudit, barde...) ne sont toujours pas d'une grande utilité.
La cinématique d'introduction nous permet en revanche de découvrir les héros du jeu sous un aspect plus héroïque, la qualité de cette vidéo étant véritablement stupéfiante pour un jeu DS. En contrepartie, le double écran n'apparaît que peu utilisé, l'écran du haut restant carrément noir pendant les affrontements, ce qui pourra décevoir les habitués du surprenant Magical Vacation, qui reste sans doute le modèle incontestable à ce niveau-là. Pour sa défense, ce remake pouvait difficilement baser son gameplay sur l'exploitation des deux écrans sans risquer de dénaturer le jeu d'origine, d'autant que l'écran inférieur semble puiser déjà l'essentiel des ressources de la machine, aux dires du producteur. Une caméra vous autorise d'ailleurs à zoomer pour vous rapprocher de l'action durant les phases d'exploration, ce qui permet d'apprécier davantage la modélisation des personnages au détriment de la lisibilité offerte par la vue d'ensemble. Le principal intérêt de la chose est de repérer plus facilement les éléments du décor pouvant contenir des objets cachés, puisque le niveau de zoom maximum permet de les voir briller.
Il faut dire que ce ne sont pas les secrets qui manquent dans cet épisode, et il est d'ailleurs assez fascinant de constater à quel point les trésors camouflés, les passages dérobés et autres murs invisibles sont innombrables. Si vous n'avez pas cette impression en jouant, c'est probablement que vous êtes passé à côté d'une grande partie de ces secrets, car le soft en propose du début à la fin, vous forçant ainsi à fouiller chaque pixel de l'environnement pour mettre la main dessus. Le joueur n'est jamais réellement pris par la main et peut presque toujours aller où bon lui semble et faire ce qu'il veut. Et si le level-up est régulièrement un passage obligé pour avancer dans de bonnes conditions, on se félicite de voir que les développeurs n'ont pas commis l'erreur de rendre ce remake trop facile ou trop linéaire sous prétexte que le jeu tourne sur DS.
La quête vous fera explorer deux vastes mondes, sans compter les passages sous-marins accessibles vers la fin du jeu. Une fois en possession du vaisseau final de Cid, vous pourrez même faire appel à votre propre Chocobo géant pour entreposer vos objets. Une fois réunis, les quatre héros constituent un groupe soudé qu'il ne tient qu'à vous de faire évoluer dans le sens que vous voulez en les spécialisant dans les différents jobs. Autre différence avec la version Famicom, la classe de Chevalier Oignon est maintenant cachée, et malgré une courbe de progression calamiteuse au début, son évolution devient exponentielle passé le niveau 93, une bonne raison de continuer à jouer même une fois l'aventure terminée. La mouture DS intègre également un système d'envoi de messages via wi-fi par l'intermédiaire des Mogs, seul moyen d'obtenir ce fameux job de Chevalier Oignon et de rencontrer le dernier boss inédit. Concluons en insistant sur le fait que les responsables de ce remake ont fait un travail admirable en modernisant un titre trop longtemps resté dans l'ombre, et que nous avons la chance aujourd'hui de découvrir dans une version entièrement localisée qui rend parfaitement justice à ce troisième volet de la saga Final Fantasy.
Pour une fois, Square Enix nous propose un remake digne de ce nom qui rend parfaitement justice à cet épisode. Le soft brille surtout par sa gestion intéressante des jobs dont le concept sera repris avec brio dans FFV, et enchante par sa réalisation stupéfiante sans oublier de conserver tout ce qui fait le charme d'un RPG old-school.