Monumental, le premier Gears of War l'était assurément. Monstre graphique dégoulinant de sang, porté par une furie dévastatrice et une violence rare, le titre d'Epic avait su se hisser sur le podium des meilleurs softs de la 360. Mais la bête, aussi sauvage fut-elle, accusait çà et là quelques petites faiblesses. Un classicisme certain mais somme toute masqué par une progression féroce et sans temps morts. Une prise en main perfectible dans laquelle on s'empêtrait régulièrement. Un scénario taillé à la tronçonneuse. Un multi sympa mais brut de décoffrage. Autant de détails qui cumulés, encombraient un titre qui n'en restait pas moins épique. Forts de ces considérations, le Cliff et sa clique ont remis le couvert et se sont efforcés de donner vie à un titan, un titan assujetti à un seul concept, celui de la surenchère. Soyez donc sur vos gardes, car même si nous évoluons en terrain connu, le combat à venir risque bien de vous laisser sur le carreau.
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Pourtant, des entrailles déchirées de la planète Sera, les locustes continuent de se déverser comme un raz de marée. Plus féroces, plus nombreux, ils disposent de surcroît d'une arme capable d'engloutir des villes entières d'un seul coup. L'humanité n'a depuis lors plus connu que la défaite. Seule une unique cité tient encore debout, la fière Jacinto, épargnée par les locustes. Perdus pour perdus, les humains s'apprêtent donc à lancer leur ultime assaut. Cette offensive mue par l'énergie d'un désespoir bien compréhensible vise à porter le combat en territoire ennemi, sous terre, une ultime fois.
Et effectivement, dès les premiers niveaux, on comprend que la guerre a véritablement changé de visage. Partis des nombreuses fusillades isolées que nous assénaient le premier épisode, nous voilà plongés au coeur d'un indescriptible chaos, alors que pendant qu'on progresse, des bâtiments s'effondrent en arrière-plan et des soldats se lattent joyeusement en générant de délicieux geysers de tripaille.
Gears 2, au-delà des terribles enjeux qu'il parvient enfin à mettre en avant, prend également le temps de s'attarder sur la quête de Dom (le pote du héros) pour retrouver sa femme. Qu'on se rassure, Gears ne verse pas dans le mélodrame, il n'y prétend pas et n'aurait rien à faire dans un tel domaine, mais il réussit dans une certaine mesure à toucher le joueur.
La seule différence notable dans la prise en main tient au fait qu'il est maintenant possible de dissocier la course de la mise à couvert. Ainsi, si vous en aviez marre de vous retrouver collé à un muret par accident alors que vous vous élanciez courageusement vers l'ennemi, sachez que vous avez été entendu. Pour le reste, les habitués retrouveront instantanément leurs marques.
On commence avec des décors en partie destructibles. En fait, dans la plupart des cas, ce n'est véritablement que le revêtement des murs qui tombe en morceaux. Ne comptez donc pas éclater un bloc de béton ou renverser un pilier pour vous en faire un abri. La plupart de ces séquences sont scriptées et en conséquence, n'apportent pas vraiment de plus-value aux combats. Seulement armé d'un flingue, vous pourrez alors avancer de quelques mètres, jusqu'à ce que votre infortunée victime finisse par s'éparpiller sous les balles de ses collègues.
Car dans le premier Gears, on ne peut pas dire que les collègues de Marcus faisaient preuve d'une grande efficacité. Pas des masses certes, mais suffisamment pour parvenir à se planquer correctement, à s'entraider quand il y a des blessés, à vous venir en aide quand vous vous videz de votre sang et souvent, à trucider des locustes de manière efficace. Ainsi, en mode Vétéran, il n'est pas rare de voir vos collègues nettoyer le gros des forces ennemies avec une certaine désinvolture. Pour autant, le jeu prend véritablement toute son ampleur lorsqu'on le traverse à deux, en co-op avec un pote.
Sa structure pourtant, reste fondamentalement la même que dans le premier jeu. Evidemment très linéaire, elle se permet d'enchaîner des séquences dont le dynamisme et la pure brutalité atteignent des sommets. A plusieurs reprises pourtant, Gears 2 nous ressort les mêmes mécaniques : une poursuite où, coincé dans un véhicule, on s'efforcera de survivre aux vagues incessantes de locustes. Mais le contexte et la mise en scène, dantesques, changent à chaque fois et permettent de piétiner tout sentiment de lassitude dans l'oeuf.
Le gun de base des locustes a néanmoins troqué ses désagréables rafales de trois balles contre une cadence plus régulière. On trouvera également des lance-flammes, des mortiers et des tourelles qui réduiront grandement vos mouvements, mais vous feront profiter d'une puissance de feu démesurée. Mentionnons aussi le fait que les grenades fumigènes du premier jeu ont été remplacées par des grenades flash, capable d'étourdir voire de renverser la cible.
Le multi a lui aussi pris sa dose d'amphétamines de guerre et peut maintenant accueillir jusqu'à 10 joueurs en même temps. Et si vous n'êtes pas assez nombreux, rien ne vous empêche de combler les effectifs avec des bots, qui lors de nos parties, se sont révélés incroyablement convaincants. Tous les anciens modes sont de retour et on découvre quelques nouveautés, tels que Fugitif, où il s'agira de prendre en otage un paria et de le ramener dans une zone spéciale. On pense aussi au mode ailier, qui voit s'opposer 5 équipes de 2 joueurs. Mais la véritable claque vient du fameux mode Horde dans lequel on affrontera des vagues toujours plus puissantes de locustes en compagnie de 4 autres potes.
Gigantesque défouloir, immense pourvoyeur de tripaille, le soft se fait l'esclave du plus et livre un spectacle à couper le souffle. Beau, intense au point d'en devenir épuisant, le titre d'Epic ne réinvente rien mais procure un immense plaisir au joueur, et c'est là tout ce qu'on désire. Cette note tient également compte d'un mode multijoueur extrêmement complet et soutenu par une ribambelle de bots à la redoutable efficacité. Quelle que soit votre optique, il est impossible de ne pas ressentir un frisson en se plongeant dans le conflit. L'un des softs les plus sauvages de ces dernières années, à consommer sans la moindre modération, si toutefois vous n'avez pas peur des éclaboussures.
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