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Pendant qu'un émigré d'Europe de l'est foule le sol américain pour venir y défier ses démons, un groupe de bikers se fait toute une joie d'accueillir son Président, victorieux d'un autre enfer, celui de la détention. Billy Grey retrouve son foyer, ses "frères", sa deux-roues... Il retrouve aussi et surtout Johnny Klebitz, le héros de cet épisode, le grand gaillard que vous allez incarner. Balafré, percé, tatoué, Johnny est d'apparence le biker moyen, celui-là même qui roule des mécaniques et boit des bières à longueur de journée avec sa seule famille, les Lost. D'apparence aussi, le joueur s'attend à vivre l'aventure au rythme de la querelle qui oppose les Lost aux Angels of Death, une bande ennemie dont les membres ont également établi résidence sur des motos. Pourtant, dans un premier temps, c'est bien la relation conflictuelle entre Billy et Johnny qui va éclater au point d'être un sujet récurrent des cut-scenes qui mettent à nouveau à merveille en avant de sacrées personnalités.
Johnny, du haut de son mètre 85, est un personnage plein de paradoxes. S'il prône la fraternité jusqu'à la mort, il n'en reste pas moins las de la forte propension qu'a Billy à aller chercher les embrouilles et à décider seul du devenir de ses frères. De son statut de vice-président, il ne se gêne pas pour lui faire comprendre. Le parallèle est simple à faire avec la relation qu'a Niko avec Roman dans l'aventure principale. D'ailleurs, sans spoiler, précisons que The Lost and Damned a été pensé de sorte à apporter quelques précisions à la manière dont se sont déroulés certains faits dans GTA IV. Ce lien qui existe entre Johnny et Niko est régulièrement suggéré, quelquefois carrément mis en avant, à tel point que l'on se demande par moments si l'extension n'a pas été réfléchie en même temps que le jeu de base.
Un lieu certes un peu crasseux mais plein de vie et qui tranche assez nettement avec les appartements de Niko, dénués de toute âme. Le message est donc que vous n'êtes jamais vraiment seul dans The Lost and Damned et qu'il y a de nombreux intérêts à appartenir à ce genre de bande. Le répertoire de votre mobile déjà gonflé au tout début de l'aventure sera là pour vous le rappeler. Qu'il s'agisse de demander de l'aide ou de partir en virée, il y aura toujours un de vos potes prêt à répondre favorablement à vos besoins.
Cette complicité, vous devrez l'entretenir, l'utiliser et la respecter. L'entretenir en sortant de temps en temps siroter quelques binouzes ou profiter des traditionnelles distractions qu'offre Liberty City. Sur sa moto, chaque membre des Lost se doit rester dans le sillage de Billy, sans jamais le dépasser. Si vous prenez la tête du convoi, celui-ci ne tardera pas à vous faire comprendre que le patron, c'est lui, et qu'il est le seul à pouvoir mener la troupe. Qu'importe, passer devant ne présente aucun intérêt, en dehors des rares moments où les joyeux lurons décident de faire la course jusqu'au lieu de la prochaine mission.
Ces déplacements en groupe, effectués à faible allure sont également l'occasion de discuter avec vos amis et d'en apprendre un peu plus sur les relations qu'entretient Johnny avec chacun des membres. Pour parler à l'un des Lost, il suffit de se positionner au milieu du groupe jusqu'à ce que le logo de la bande apparaisse et de s'y poster quelques courts instants. Quoi qu'il en soit, on note de temps en temps quelques petits problèmes de collisions pour peu que vous empruntiez la trajectoire de l'un de vos potes, celui-ci peinera à éviter de vous pousser comme si vous n'existiez pas. En parallèle, si l'un des membres est semé, ne serait-ce que d'une cinquantaine de mètres, il respawnera immédiatement, pour ne ralentir personne et éviter les mauvaises surprises de scripts qui pourraient ne pas se déclencher.
Si l'on demeure dans un univers que les joueurs de GTA IV connaissent sur le bout des doigts et ont parcouru en long, en large et en travers avant de se jeter à pad perdu dans cette extension, nous notons quelques petites différences en termes de gameplay. Jonathan tout d'abord, est moins souple et un peu plus emprunté que Niko, gabarit oblige. En revanche, le joueur y gagne énormément au niveau de la conduite des deux-roues.
Il vous faudra simplement de temps en temps, entre autres, voler des motos ou venir en aide à Ashley, une junkie, l'ex de Johnny, qui possède le don de s'attirer les pires embrouilles. Du côté du multijoueur là encore, les amateurs de Online vont pouvoir s'en donner à cœur joie. On appréciera notamment le format des courses, dont les tracés ont été adaptés au petit gabarit des motos et qui permettent de se fritter en appuyant sur X et B pour donner des coups de batte à gauche et à droite de la moto.Dans un autre genre, The Lost and Damned propose un mode qui fait office d'attaque et défense de territoire, un autre dans lequel le joueur doit rester en vie le plus longtemps possible à moto, face à un hélico et un dernier qui nécessite de remplir des missions confiées par Angus par téléphone (Affaires du club). A cela s'ajoutent les deathmatchs en solo ou en équipe, ce qui finit de gonfler la durée de vie déjà très satisfaisante !
C'est une aventure pensée et réfléchie de sorte à coller avec les événements de GTA IV, et même à dévoiler quelques surprises aux joueurs. Cet épisode n'est pas une brindille et constitue réellement un privilège pour les possesseurs de 360. Johnny Klebitz et ses acolytes remplissent parfaitement leur mission, à tel point qu'il n'est pas nécessaire d'aimer rouler des mécaniques et écouter du rock pour s'immerger dans l'univers des Lost. A 20€ pièce, il serait bien étrange de tourner le dos à ce DLC, d'un niveau bien supérieur à la moyenne des téléchargements payants dans ce genre, notamment grâce au soin apporté au solo comme au multi.