Half-Life 2 : Episode One - jeu PC
Ni un add-on ni vraiment une suite, Half-Life 2 : Episode One vient compléter le jeu de Valve avec brio, prouvant que le système de vente par épisodes peut se montrer bien plus probant que ce que laissait penser SiN il y a peu.
Que sont donc devenus Gordon et Alyx après l'explosion de la Citadelle ? Et surtout, comment ont-ils pu survivre ? Une question à laquelle on aura encore un peu de mal à répondre, toujours est-il qu'ils l'ont fait et que c'est au pied de cette tour infâme que démarre ce premier nouvel épisode. A peine dégagé des décombres par deux vieilles connaissances et après avoir subi quelques discours inquiétants, vous n'attendrez pas longtemps avant d'avoir à trouver un chemin vous menant vers... le coeur de la Citadelle. Un retour peu réjouissant en compagnie d'Alyx pour une première séquence de jeu que vous devrez parcourir avec pour seule arme le gravity gun. Si cela vous donne le sentiment de revivre la fin d'HL2 à l'envers, c'est normal. Déroutante, cette phase d'introduction vous verra multiplier les puzzles simplistes mais en dépit de son caractère un peu répétitif, elle parvient rapidement à replonger le joueur dans l'ambiance si particulière de Half-Life 2. Laissant déjà peser sur nous l'urgence de quitter ces lieux au bord de l'explosion pour retrouver le monde extérieur. Avec le seul canon anti-gravité, il faudra se défendre de l'assaut de quelques soldats, se protéger de la chute de débris énormes et actionner des mécanismes, phase probablement la plus fastidieuse soit dit en passant.
La formule classique combats/puzzles est donc toujours de rigueur, mais fonctionne de façon légèrement différente. En premier lieu, les combats sont devenus bien plus nerveux et intenses, l'époque où l'on faisait face à un ou deux types d'ennemis à la fois est révolue. Aujourd'hui, il faudra composer avec des assauts simultanés de headcrabs, de zombies, de fourmillons et surtout de zombies du Cartel, plus forts, plus rapides que les premiers et parfois armés d'une grenade. Certains combats deviennent franchement tendus, d'autant qu'il n'est pas rare du tout de se trouver à court de munitions. D'ailleurs, les promenades dans l'obscurité feraient presque penser à un survival horror, en plus dynamique puisqu'on se trouve littéralement assailli de toutes parts par des créatures que l'on distingue à peine. On ne cachera pas qu'il arrive parfois qu'on en ait un peu ras la casquette tant les choses peuvent prendre un tour absurde. Mais on surpasse ces moments de faiblesse pour mieux poursuivre la progression. Là encore, comme dans HL2, l'absence de niveaux et de cinématiques est toujours un bon moyen de nous faire coller au jeu. Impliquant malheureusement que les loadings impromptus continuent de nous pourrir un peu la vie.
Avec ce dynamisme trépidant, on réalise vite qu'on n'a pas décroché le jeu depuis qu'on l'a lancé, le revers de la médaille étant qu'on se rend compte dans la même pensée qu'on vient de le finir. Et cette pensée, elle nous traverse l'esprit après environ 4 ou 5 heures de jeu selon votre niveau. Ce qui est diablement court même s'il ne faut pas oublier que cet épisode n'est vendu que 20 euros. Et contrairement à SiN, Episode One a le bon goût de ne pas décevoir, tout juste de stresser un peu au cours de quelques scènes un peu ardues. On ajoutera sur la petite liste de griefs la déception relative au scénario qui ne nous apprend finalement pas grand-chose de nouveau. En revanche, on peut mentionner les quelques améliorations graphiques apportées au Source Engine, textures un peu plus fines ou surtout l'intégration du HDR parfaitement maîtrisé. Episode One nous offre des jeux de contrastes de lumières et d'éblouissement souvent somptueux. De manière générale, la réalisation est de haute volée et la qualité des animations faciales du Source restent inégalées. Décidément, on a beau dire, Valve ne manque pas de ressources pour nous surprendre.
Reprenant les mêmes bases solides employées dans le jeu original, cet épisode inédit en accentue l'intensité et apporte une touche de fraîcheur par le travail en équipe avec Alyx. Courte, la campagne solo que nous livre Valve n'en est pas moins excellente, variée et empreinte d'une ambiance qui ne laisse pas indifférent.