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Le système de santé va mal et a besoin de soins efficaces

L'interdiction de vente d'alcool aux mineurs, la désertification médicale, les regroupements des hôpitaux, le rapport Larcher, l'Hôpital public… autant de sujets qui fâchent et dénoncent le malaise du système de santé actuel. Les projets de lois ne semblent pas cohérents. Qu'elle sera la santé de demain ?

Tags: système de santé, interdiction de vente d'alcool aux mineurs, désertification médicale,


Interdiction de vente d'alcool aux mineurs dans les lieux de vente

Le projet de loi qui sera soumis au gouvernement en octobre par la ministre de la santé Roselyne Bachelot préconise la généralisation de l'interdiction de vente d'alcool aux mineurs. Cette mesure devrait permettre d'éclaircir les dispositions législatives en vigueur sur la consommation autorisée de la bière et du vin aux plus de 16 ans. Le projet de loi propose l'interdiction de vente d'alcool aux mineurs, quel que soit le genre de boisson alcoolisée, de nuit comme de jour, et ce dans les lieux de vente à consommer ou à emporter (les bars, pubs, stations-service, épiceries, grandes surfaces...). La ministre veut étendre  l'application de cette mesure aux "open bars" (débits de boissons temporaires pour soirées étudiantes) et aux ventes de boissons sur la voie publique. Lutter contre le "binge drinking" devient une priorité. Le projet d'interdiction de vente d'alcool aux mineurs évolue mais ne semble pas vouloir "cadrer" aussi nettement les dispositions en vigueur. Cette interdiction ne concernerait pas la vente de boissons dans les happy hours qui proposent des verres avec ou sans alcool moins chers pendant quelques heures. De plus, la répression présente le risque de transférer la consommation d'alcool des soirées étudiantes et des lieux de sociabilité vers la sphère privée, sur laquelle le projet de loi n'aura aucun impact.

Désertification médicale, la pénurie de médecins généralistes

La désertification médicale dans certaines zones rurales inquiète sérieusement les médecins généralistes et leur principal syndicat MG-France qui monte au créneau. La France connaît un vieillissement de sa population et le nombre de médecins généralistes diminue. L'avenir de la médecine de ville doit être pris en main dès aujourd'hui, car la menace pèse sur tout le système de santé. "Si rien n`est fait d`ici 20 ans, il restera 32.000 généralistes en France contre 55.000 aujourd`hui pour 50 millions de consultations supplémentaires chaque année". Les estimations de l`Institut national des études démographiques indiquent 23.000 généralistes en moins d`ici 2025. Le projet des maisons médicales à proximité des hôpitaux ne solutionnera pas la désertification médicale dans les zones rurales délaissées. L'engorgement des hôpitaux ne pourra que s'accentuer. Douze propositions ont été présentées au gouvernement par le président de MG-France Martial Olivier-Koehret, dont des mesures financières incitatives à l'installation des praticiens pour motiver les étudiants en faculté de médecine à s'orienter sur la spécialité de médecine générale.

Rapport Larcher, hôpital public et regroupements d'hôpitaux, une logique gouvernementale

Rapport Larcher, Hôpital public et regroupements des hôpitaux sont liés par une même ambition : réduire le nombre important d'hôpitaux publics en créant des regroupements d'établissements sous forme de "communautés hospitalières de territoire". Au lieu d'améliorer le système de santé actuel, le rapport de l'ancien ministre du Travail destiné à alimenter le volet "hôpital" du projet de loi sur l'organisation des soins risque d'amener d'autres dysfonctionnements. Parmi les seize mesures préconisées, les aides financières aux cliniques privées pour favoriser le regroupement d'hôpitaux laissent perplexe. Renforcer la participation des médecins au fonctionnement interne des cliniques privées et réduire le nombre de lits à l'hôpital conduit à une hospitalisation à deux vitesses. Selon le ministre, "la sécurité du patient prime sur la proximité" de l'établissement. Les urgences et les médecins libéraux de garde ou d'astreinte "collaboreront" pour s'intégrer dans une aide médicale permanente à la population. Devant l'engorgement actuel des urgences des hôpitaux, si les moyens ne sont pas renforcés et ne s'appuient que sur des relations entre médecins libéraux et hôpitaux pour répondre à la demande, le "15" risque d'être bien souvent occupé. La désertification médicale rurale n'apportant plus la sécurité des soins au patient, on conçoit mal l'efficacité d'une telle mesure. Quant au renforcement des pouvoirs des directeurs d'établissement, la gouvernance interne ne peut qu'amplifier le malaise des personnels hospitaliers. Il apparaît que le rapport Larcher, l'hôpital public et les regroupements d'hôpitaux s'articulent difficilement et qu'il y ait un manque de cohérence certain pour améliorer l'actuel système de santé.



 
Evelyne Le Floch 2008-12-17 Envoyer Print Top
 
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