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L'interdiction de vente d'alcool aux mineurs, la désertification médicale, les regroupements des hôpitaux, le rapport Larcher, l'Hôpital public… autant de sujets qui fâchent et dénoncent le malaise du système de santé actuel. Les projets de lois ne semblent pas cohérents. Qu'elle sera la santé de demain ?
Tags: système de santé, interdiction de vente d'alcool aux mineurs, désertification médicale,
La désertification médicale dans certaines zones rurales inquiète sérieusement les médecins généralistes et leur principal syndicat MG-France qui monte au créneau. La France connaît un vieillissement de sa population et le nombre de médecins généralistes diminue. L'avenir de la médecine de ville doit être pris en main dès aujourd'hui, car la menace pèse sur tout le système de santé. "Si rien n`est fait d`ici 20 ans, il restera 32.000 généralistes en France contre 55.000 aujourd`hui pour 50 millions de consultations supplémentaires chaque année". Les estimations de l`Institut national des études démographiques indiquent 23.000 généralistes en moins d`ici 2025. Le projet des maisons médicales à proximité des hôpitaux ne solutionnera pas la désertification médicale dans les zones rurales délaissées. L'engorgement des hôpitaux ne pourra que s'accentuer. Douze propositions ont été présentées au gouvernement par le président de MG-France Martial Olivier-Koehret, dont des mesures financières incitatives à l'installation des praticiens pour motiver les étudiants en faculté de médecine à s'orienter sur la spécialité de médecine générale.
Rapport Larcher, Hôpital public et regroupements des hôpitaux sont liés par une même ambition : réduire le nombre important d'hôpitaux publics en créant des regroupements d'établissements sous forme de "communautés hospitalières de territoire". Au lieu d'améliorer le système de santé actuel, le rapport de l'ancien ministre du Travail destiné à alimenter le volet "hôpital" du projet de loi sur l'organisation des soins risque d'amener d'autres dysfonctionnements. Parmi les seize mesures préconisées, les aides financières aux cliniques privées pour favoriser le regroupement d'hôpitaux laissent perplexe. Renforcer la participation des médecins au fonctionnement interne des cliniques privées et réduire le nombre de lits à l'hôpital conduit à une hospitalisation à deux vitesses. Selon le ministre, "la sécurité du patient prime sur la proximité" de l'établissement. Les urgences et les médecins libéraux de garde ou d'astreinte "collaboreront" pour s'intégrer dans une aide médicale permanente à la population. Devant l'engorgement actuel des urgences des hôpitaux, si les moyens ne sont pas renforcés et ne s'appuient que sur des relations entre médecins libéraux et hôpitaux pour répondre à la demande, le "15" risque d'être bien souvent occupé. La désertification médicale rurale n'apportant plus la sécurité des soins au patient, on conçoit mal l'efficacité d'une telle mesure. Quant au renforcement des pouvoirs des directeurs d'établissement, la gouvernance interne ne peut qu'amplifier le malaise des personnels hospitaliers. Il apparaît que le rapport Larcher, l'hôpital public et les regroupements d'hôpitaux s'articulent difficilement et qu'il y ait un manque de cohérence certain pour améliorer l'actuel système de santé.
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