Dernier opus en date de la série Total War, Medieval II se voit doté d'une première extension intitulée Kingdoms, contenant plusieurs campagnes inédites. De quoi continuer l'expérience Total War durant de nombreuses heures. Une expérience devenue classique, peut-être même un peu trop.
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En fait, il s'agit presque de deux jeux en un. La première étape d'une partie se déroule en tour par tour sur une carte, un peu à la manière d'un Civilization. On peut améliorer ses villes, envoyer des marchands commercer, des prêtres convertir ou des espions s'infiltrer. On peut également sceller des alliances en concluant des accords de natures variées. La gestion des finances a aussi son importance, puisque comme chacun le sait l'argent est le nerf de la guerre. En effet, les jeux Total War restent avant tout des STR et qui dit stratégie en temps réel dit combat. Il ne faut pas perdre de vue que le but d'une campagne est de contrôler le plus de régions possible, et l'expansion territoriale passe souvent par l'anéantissement du voisin.
Le coeur de cette extension est constitué de quatre nouvelles campagnes : la conquête du Nouveau Monde par les conquistadors, la guerre sainte des chevaliers teutoniques contre les païens, les croisades opposant chrétiens et musulmans et, pour finir, l'affrontement des royaumes britanniques pour la possession de leur île. Chacune de ces campagnes peut être installée indépendamment à la manière d'un mod et bénéficie donc de son propre menu et de chouettes cinématiques. En revanche, elles s'avèrent assez inégales au niveau de la qualité, la meilleure étant de loin la campagne des Amériques.
Les autres campagnes ne sont cependant pas en reste et demeurent tout de même intéressantes à jouer, d'autant plus que chacune bénéficie de petits ajouts aux niveaux des règles qui tiennent compte du contexte et renouvellent le gameplay. Ainsi, les armées qui se livrent bataille en Terre Sainte possèdent des héros, comme Saladin pour l'Egypte ou Richard Coeur de Lion pour le royaume de Jérusalem. Ils apportent des bonus non négligeables, au niveau du moral des troupes notamment. Toutes ces petites nouveautés sont sympathiques, mais elles peinent à masquer la réalité de cette extension : tout cela est bien trop classique et se démarque peu de Medieval II : Total War.
La plupart des factions sont issues du jeu de base, même si on trouve en plus avec joie la Norvège ou les Apaches, et quelques autres à débloquer comme à l'accoutumée. Les réelles nouveautés sont finalement peu nombreuses, mais citons tout de même la possibilité de ralentir ou d'accélérer le temps durant les combats. Une fonctionnalité qui s'avère bien pratique pour admirer les centaines de corps s'entrechoquant, ou rattraper les derniers fuyards sans perdre un instant. Un mode de jeu inédit fait aussi son apparition : la campagne multijoueur au tour par tour. Il permet à plusieurs joueurs de s'affronter à tour de rôle sur un même ordinateur, une possibilité trop rare de nos jours, c'est donc une idée assez intéressante pour être signalée. Bref, Medieval II : Total War Kingdoms est tout de même une extension réussie, apportant son lot de petites innovations, mais sans transcender l'original à aucun moment. Juste de quoi prolonger le plaisir pendant encore de nombreuses heures, et c'est déjà bien ainsi.
Mais comme le jeu de base était bon, ceux qui l'ont apprécié devraient aussi aimer l'extension. The Creative Assembly poursuit donc avec succès sa série stratégique, en attendant un Empire : Total War qu'on espère un peu plus inspiré.
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