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Trop souvent adulés et jalousés pour leur destinée hors du commun, les hommes élevés au rang de héros mènent pourtant souvent une vie proche de celle des martyrs. Epuisé par des années d'errance et de combats acharnés, croyant pouvoir reléguer au passé sa lutte contre le Dahaka et la malédiction des sables du temps, le prince de Perse eut l'illusion de croire qu'il allait enfin connaître la paix. Mais le destin s'acharne sur les hommes valeureux, et pour la dernière fois, le héros fatigué reprend les armes pour faire face à son plus terrible adversaire : lui-même. De retour à Babylone en compagnie de Kaileena, la troublante impératrice du temps, le prince, dont nul ne connaît le nom, découvre une cité ravagée par la guerre, un royaume envahi par des adversaires plus cruels encore que tous ceux auxquels il a eu affaire jusque-là. Dès lors, tout s'enchaîne très vite, ne laissant même pas à son âme le temps de se décomposer sous la dureté du sort qui s'abat sur lui. Victime d'un complot organisé par un vizir manipulateur et tyrannique, Kaileena est assassinée sous ses yeux depuis longtemps taris. Le prince assiste impuissant à la libération des sables du temps, se laissant même contaminer par ces derniers qui se mettent à le ronger de l'intérieur, corrompant son âme pour faire ressortir le mal qui est en lui et le matérialiser sous la forme d'une entité sadique : le Dark Prince.
A l'image de cet homme qui subit avec une angoisse constante le risque de sombrer dans cet état diabolique, le joueur lui-aussi doit faire face au stress perpétuel de voir son personnage subir cette transformation qui le dépossède de son fluide vital à une vitesse affolante. Dès lors, on se laisse vite gagner par la panique, la menace du compte à rebours mortel nous obligeant à prendre des risques inconsidérés en fonçant éperdument dans des environnements inconnus bourrés de pièges. On meurt encore plus souvent qu'à l'accoutumée, mais la fréquence des checkpoints évite de recommencer de manière inconsidérée.
Le level design est à ce point tortueux que le jeu tourne vite à une simulation d'acrobaties incroyables, avec une prédilection assumée pour les combats sanglants. Le prince gagne une palette de mouvements étoffée et est maintenant capable de planter sa dague dans des prises murales pour s'élancer dans les airs, ou encore d'effectuer un grand écart pour se hisser entre deux parois. Le nombre de combos possibles a été également revu à la hausse pour rendre les affrontements encore plus libres et violents. Les mouvements possibles diffèrent bien évidemment selon que l'on contrôle le prince ou son double maléfique, ce dernier pouvant utiliser une chaîne-fouet pour la faire tournoyer violemment au-dessus de sa tête. Une arme qui peut aussi être lancée en plein saut lorsqu'on veut s'accrocher sur certaines prises.
Concrètement, on peut désormais s'infiltrer sournoisement dans le dos des ennemis pour les poignarder par derrière dans un balai mortel somptueux. Bien sûr, la chorégraphie réalisée par le prince se renouvelle à chaque fois que le contexte change. Il pourra par exemple se laisser doucement glisser le long d'une chaîne, la tête en bas, avant de sauter sauvagement sur l'ennemi pour le poignarder, là où son alter ego lancera sa chaîne-fouet pour l'étrangler sans bouger. Un système qui révèle tout son intérêt lors des combats contre les boss qui donnent lieu à des scènes d'anthologie qui se mettent en place au fur et à mesure qu'on prolonge la danse mortelle, ce qui rappelle immanquablement God of War.
Entre le combat contre le titan du colisée, les phases oppressantes avec le Dark Prince et la course de char dans les rues de Babylone, l'action s'enchaîne à un rythme effréné. Le jeu comporte en effet des phases inédites durant lesquelles le prince se prend pour Ben Hur dans des poursuites éperdues aux commandes d'un char lancé à pleine vitesse. Les environnements de ce troisième volet se prêtent d'ailleurs merveilleusement à ces courses qui nous permettent de faire un détour dans la cité basse de Babylone, entre deux visites de palais royaux.
Tous les éléments propres à renforcer l'ambiance, autant sonore que visuelle, nous renvoient à des consonances tout droit venues d'orient. Les palais richement décorés traduisent un luxe et un gigantisme étourdissants, et contrastent d'autant plus avec la pauvreté des ruelles poussiéreuses où l'on peut voir les gardes maltraiter les miséreux. De la même façon, la sensation de liberté que l'on ressent en évoluant sur les toits rend d'autant plus étouffante la progression dans les tunnels et autres lieux clos. La progression est constamment ponctuée de répliques émanant de personnages clés qui nous en disent plus sur les motivations du prince.
Le Nunchuk et la Wiimote sont utilisés de la meilleure façon possible pour que le joueur se sente encore plus impliqué dans la sauvagerie des batailles et l'élégance des acrobaties. La gestion des caméras associée à la croix directionnelle est parfaite, à condition, pour éviter tout désagrément, de désactiver les changements de vue affectés par défaut aux rotations de la télécommande.
Les autres n'y trouveront certes pas grand-chose de nouveau, mais le maniement à la Wiimote et au Nunchuk est tellement intuitif qu'on prend un plaisir évident à revivre le destin fascinant de ce prince de Perse maudit. Même si on peut regretter de ne pas avoir affaire à un épisode inédit, la note devait refléter avant tout la qualité indéniable du soft.