Saints Row 2 - PC

Les Saints sont de retour. Plus de deux ans après avoir réussi le pari Saints Row, le duo THQ-Volition ressuscite une ville entière via le second round, le premier sur PC, d'une guerre des gangs d'une rare sauvagerie. Règlements de compte, exécutions de sang-froid et fusillades interminables vont se succéder. Attention, violence gratuite.

Saints Row 2 s'adresse davantage aux amateurs d'action pure et dure, sans aucune finesse ni infiltration.

En gros, aux frustrés d'un GTA qui pourraient le juger trop sérieux, trop réaliste. Ici, les injustices et les écarts de conduite ne sont guère punis. Certaines missions incitent même à tuer des innocents dans l'unique but d'asseoir une réputation de crapule et de forcer le respect de ses ennemis.

Vous êtes le héros, vous faites le héros. Il ne s'agit pas là d'une création d'avatar classique et réglée le temps de choisir parmi quelques attributs caricaturaux mais bien d'un éditeur d'une rare puissance. Pour peu que vous soyez observateur et doué de vos petites mimines, nul doute qu'il vous sera possible de modéliser qui bon vous semble en tant que personnage principal. Homme, femme, transsexuel, vous avez le loisir de donner n'importe quelle personnalité à votre avatar. Si vous connaissez la taille des côtés de votre lèvre inférieure ou la largeur de votre arête nasale, sachez qu'il vous est possible de les modeler à l'exactitude. La création ne se borne d'ailleurs pas qu'au physique puisque l'on vous demandera d'associer une voix, une démarche et des mimiques à votre modèle.

Le système de progression du premier volet a été reconduit dans Saints Row 2.

Elle est donc très classique, peut-être un peu trop. Vous débarquez dans Stilwater et devez capturer chacun des 45 quartiers de la ville, les uns après les autres. Pour ce faire, deux solutions : la mission ou le bastion. La différence est futile puisqu'au final, le résultat est identique, vous éliminez toute une squad ennemie dans un carnage sans nom.   Les cut-scenes sont moins concentrées sur les dialogues que le voisin de chez Rockstar. Disons simplement que celles-ci cachent autant d'échanges physiques que verbaux. C'est ce qui évite à ces passages d'être pompeux et répétitifs. Ils le sont d'autant moins que le héros de Saints Row 2 n'a pas la passivité de celui de GTA dans le démarchage de missions en tous genres. Son statut de chef de gang l'oblige à prendre des décisions, à passer à l'offensive avant l'ennemi ou même à aller à l'encontre des avis de ses seconds.

Mais avant de partir en mission et de redorer l'image des Saints, le joueur doit avant tout prouver qu'il en a. Histoire de faire grimper sa jauge de respect, condition sine qua non pour débloquer de nouvelles missions, il lui faut réussir une activité parmi tout un tas dans les quatre coins de la ville. La plupart d'entre elles sont celles que l'on trouvait dans Saints Row.  Ces mini-missions annexes composées de six niveaux de difficulté sont très variées. On en compte 16 dont 7 exclusives à Saints Row 2. Certaines de ces activités sont d'un charme et d'une finesse très prononcés. Par exemple, dans "Vidange-Man", le joueur conduit un camion remplit de matière fécale et asperge des bâtiments privés ou publics afin qu'ils soient dévalués. Dans un autre style, "Traînée Ardente" est une mission qui consiste à conduire un quad enflammé, vêtu d'une combinaison ignifugée et à incendier un maximum de véhicules et de civils. Plus immoral encore, dans "Gros Bras", le joueur se transforme en garde du corps et doit repousser les groupies dont la folie est susceptible de gêner la star protégée. Jusque-là, rien de choquant.

Que dire de "Fuzz" où, paré comme un policier, le héros simule, pour un show télé, des interventions contre des petits délinquants.

 Le problème est que tout est permis, ce qui donne lieu à des punitions complètement disproportionnées par rapport aux délits commis. Vous serez par exemple récompensé après avoir tabassé à mort un passant qui jette une canette de soda dans la rue où si vous roulez sur un vieil homme complètement ivre. Le souci est que l'on prend un pied monstre à abuser du pouvoir que procurent une tenue de flics, quelques sirènes et une vulgaire matraque. Les autres activités originales laissent un peu moins de place au grand n'importe quoi puisque "Club de Combat" est une arène qui accueillent des fights à mort et "Assaut-Helico" propose des missions d'attaques aériennes. L'occasion pour nous de vous confirmer que oui, voyager par les airs est possible dans Saints Row 2, que ce soit par avion, hélicoptère ou en parachute.

Si l'on considère que GTA IV est une simulation, Saints Row 2 est alors complètement arcade.

Que ce soit dans les déplacements du héros, dans la conduite des véhicules ou dans le réalisme des gunfights, tout a été fait pour rendre le titre accessible à une majorité de joueurs. Les premiers contacts avec la bête furent d'ailleurs délicats lorsque l'on sort d'une soixantaine d'heures d'une grande immersion dans GTA IV. Outre la modélisation des dégâts très sommaire, on note qu'il en faut beaucoup pour arrêter un véhicule lancé dans une course-poursuite et que quel que soit son gabarit, sa résistance est assez impressionnante. Freiner et tourner au dernier moment ne pose aucun problème, pas plus que démarrer en trombe ou résister aux attaques virulentes portées à l'arrière ou sur les côtés du véhicule. Durant les gunfights, le sentiment est à peu près le même. Le héros est vraiment très robuste et profite de la régénération automatique de sa jauge de vie pour n'être que rarement mis en difficulté.

Mais Saints Row 2, c'est aussi une véritable liberté qui permet de personnaliser son gang et d'avoir son propre style, inimitable.

Au fil de l'aventure, le joueur peut investir dans deux types d'immobilier. Les habitations qui permettent de stocker des véhicules et de réunir de la main-d'oeuvre et les différents commerces de Stilwater. Ces derniers sont petit à petit disponibles à l'achat, part par part, et se révèlent être des investissements qui rapportent quotidiennement beaucoup d'argent. Chaque jour, une part du chiffre d'affaire de ces magasins est versée au joueur. De quoi pouvoir ensuite le dépenser de multiples manières, en achetant des armes ou en s'offrant quelques petits plaisirs comme un tatouage, un piercing, de nouvelles fringues, de la nourriture... Il est même possible d'aller chez le disquaire pour débloquer de nouveaux morceaux dans les différentes radios qui font la bande-son du jeu.

Comme sur consoles, Saints Row 2 est fun, grisant et surtout très différent de ses concurrents à bien des égards.

Une fois habitué au gameplay très rentre-dedans du soft, tout possesseur de Saints Row 2 prendra son pieds à évoluer dans un univers totalement délirant. Sur PC, les joueurs pourront connaître quelques difficultés à faire tourner le titre de manière fluide (machine de guerre indispensable) mais apprécieront l'efficacité du combo clavier-souris.