Space Siege fait partie de ces titres peu mis en avant par leurs développeurs et qui finissent par sortir dans une relative discrétion. Pourtant, avec Chris Taylor aux manettes, ce Dungeon Siege dans l'espace avait tout pour susciter l'intérêt des adeptes de hack'n slash. Oui mais voilà : le jeu se parcourt avec aussi peu d'enthousiasme que celui qui a dû accompagner sa conception.
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On clique gauche sur le sol pour faire avancer Walker et on clique droit sur un ennemi pour lui tirer dessus avec l'arme équipée. Le problème, c'est qu'il est donc impossible de tirer tout en se déplaçant. Il en résulte des combats trop statiques, qui se résument souvent à des échanges de rafales. De la même manière, bien que les raccourcis clavier permettent l'utilisation rapide de compétences, on est parfois conduit à ignorer cette possibilité, car entre la gestion des déplacements et des tirs, l'utilisation des pouvoirs de Walker et ceux de HR-V, on a vite fait de s'emmêler les pinceaux. On est donc loin de la souplesse d'un Hellgate London en termes de jouabilité. Conséquence : le joueur a tendance à négocier les affrontements de façon directe et peu variée.
Les effets des différentes armes sont peu variés, le bestiaire se répète beaucoup trop et les boss ne sont guère impressionnants. On a beau affronter des cohortes d'extraterrestres agressifs, on est loin de la tension offerte par un Space Hulk. Space Siege se prend même les pieds dans d'insondables contradictions : d'un côté, il tente quelques effets de surprise via des apparitions de monstres scriptées (qui laissent de marbre), de l'autre il confère au joueur la possibilité de voir les monstres à travers les murs ou derrière une porte ! Les dialogues ont beau être fréquents, ils interviennent la plupart du temps par l'intermédiaire de messages radio qui n'interrompent pas l'action et ne hachent pas la progression. Un bon point. A côté de ça, Space Siege est très linéaire, car les différents protagonistes vous guident de A à Z et vous ballottent de droite à gauche, vous demandant d'aller chercher un objet par-ci, d'aller bloquer un accès par-là...
Ce qui est bien plus gênant, sans doute, c'est de retrouver cette linéarité dans l'évolution de votre personnage. Space Siege, rappelons-le, n'intègre aucun système d'expérience. Les points de compétences, à dépenser dans un arbre peu fourni se partageant entre Combat et Ingénierie, vous sont donc octroyés à certains moments de l'aventure. De même, les armes ne se récupèrent pas sur les cadavres ennemis ou chez un quelconque marchand : vous les trouvez à certains endroits donnés, le jeu prenant même soin de vous alerter à leur approche ! Le constat est identique en ce qui concerne les implants cybernétiques dont Walker peut s'équiper. La seule liberté dont il dispose est de les installer ou non : plus nombreux sont les implants dont il bénéficie, et plus il perd en humanité, ce qui lui ferme l'accès à certaines branches de l'arbre de compétences. Bref, le développement du personnage est très dirigiste et le seul réel bol d'air dont vous disposez, ce sont les améliorations : en mourant, les ennemis laissent en tomber des matériaux génériques qui fonctionnent un peu comme de l'argent et permettent d'upgrader l'équipement de Walker aux stations dédiées.
C'est d'autant plus dommage que Space Siege bénéficie d'une dimension technique satisfaisante. Les modèles 3D sont suffisamment détaillées, les décors bien dans le ton, les effets de lumière réussis, et le moteur de jeu reste véloce en toutes circonstances. Seule l'animation des personnages humains reste perfectible, avec des mouvements un tantinet trop rigides. Malgré la variété des différents secteurs de l'Armstrong visités, ceux-ci ne se démarquent pas assez les uns des autres visuellement parlant ; on a toujours droit aux mêmes teintes grisâtres, aux mêmes sections de couloirs et de ponts et à des salles qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Quant à l'ambiance sonore, qui aurait pu relever la sauce, elle se révèle décevante car pas assez marquée, que ce soit en termes d'effets sonores ou de thèmes musicaux.
Hélas, le jeu de Gas Powered Games se révèle décevant sur bien des points. Les développeurs ont choisi de mettre l'accent sur l'action, au détriment de l'aspect RPG, mais la jouabilité à la souris ne permet pas d'en assurer le dynamisme. A charge également, la progression ultra-linéaire dans un univers générique, sans âme et peu immersif. Seuls les environnements destructibles de Space Siege, qui s'appuient sur un bon moteur physique, lui permettront peut-être d'échapper à l'indifférence des adeptes du genre.
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