Spider-Man 3

Jeu PS3

Spider-Man est une icône, un justicier des temps modernes : agile, gracieux, puissant mais aussi et surtout terriblement humain.


Si les films de Sam Raimi ont su exploiter toutes les facettes du personnage pour nous offrir quelques-uns des plus beaux morceaux de bravoure héroïques jamais vus sur un écran de cinéma, les jeux vidéo tournant autour de Tête de toile n'ont jamais vraiment brillé par leur inspiration et leur implication. Certes, le Spider-Man 2 de Treyarch s'est montré convaincant mais on ne peut pas dire qu'il volait dans les hautes sphères de la qualité contemplative.

En somme ce qui agace dans ce titre est l'impression de non-finition qui se dégage du produit d'ensemble. Que ce soit d'un point de vue graphique, d'un point de vue scénaristique ou en ce qui concerne le gameplay, rien ne semble avoir été peaufiné. Pourtant, ce ne sont pas les idées qui manquent. Ainsi donc, on retrouve différents mouvements à débloquer à mesure qu'on avance afin de pouvoir utiliser les pouvoirs de notre tisseur. Bon, j'en conviens, c'est bien le minimum syndical. En parlant de ça, vous devrez souvent mettre à profit votre sens d'araignée afin de trouver des indices ou pour débusquer des ennemis invisibles à l'oeil nu. Une bonne chose même si ça n'empêche nullement la longueur inhérente à certaines missions.

A propos du scénario et des missions rattachées, sachez que dix scenarii constituent le corps du mode solo mais on a bien du mal à entrer dans l'histoire sachant que le synopsis du film est malmené d'un bout à l'autre à cause de cinématiques d'une laideur sans nom, d'ellipses narratives et de scénarios supplémentaires venant hacher, destructurer le squelette scénaristique. Ok, Spidey est un super-héros mais en aucun cas un guignol de bas étage rompu aux tâches les plus anecdotiques. Oui, dans les premiers comics ou le premier film de Raimi, l'Araignée occupait bel et bien le job de livreur mais ceci était légitimé par son statut d'étudiant trop content de pouvoir mettre à profit ses pouvoirs afin de rendre un peu plus ludiques de petits boulots nécessaires au paiement de son loyer.

Reste le scénario principal que vous pourrez décider de suivre en vous rendant aux endroits indiqués par des marqueurs. Ce sera alors l'occasion de vous balader en ville à grands renforts de toile, de sauts et de cris de joie. La sensation de liberté est bien rendue, on s'amusera même à ramper sur les murs ou à sauter au-dessus de buildings rien que pour le plaisir mais il est dommage que le tout soit bien moins fun que les folles escapades de The Incredible Hulk : Ultimate Destruction. En sus, il faut avouer que les combats manquent vraiment de pêche et ce malgré la panoplie de mouvements acrobatiques à débloquer. On a bien droit à quelques affrontements contre des boss plus originaux et requérant la plupart du temps des actions contextuelles mais ce n'est pas vraiment la panacée.

Spider-Man 3 a donc de quoi surprendre mais dans le mauvais sens du terme.

Mou et pétri de défauts techniques parmi lesquels les bugs graphiques et autres approximations de gameplay se partagent la vedette, le titre de Treyarch ne décolle jamais vraiment malgré la possibilité de bondir d'immeuble en immeuble. On aura beau y injecter un peu d'humour, notamment grâce au tutorial décalé présenté par Bruce "Evil Dead" Campbell himself (qui du coup passe moins bien en Europe, doublage oblige), on souffre et on souffle à mesure qu'on enchaîne les courses-poursuites citadines, les affrontements soporifiques tout en devant ingurgiter un scénario mal fagoté et parsemé de missions anecdotiques. Le Monte en l'air aurait mérité mieux, bien mieux même, surtout si on compare la version de pixels à son homologue filmique qui synthétise à lui seul tous les espoirs des Marvelophiles.

A film exceptionnel, jeu anodin, serait-on en droit de se dire à la vue de ce Spider-Man 3.

Bien qu'il soit toujours plaisant de slalomer entre les tours new-yorkaises, on soupire en constatant le faible degré technique du titre ainsi que ses missions sans grand intérêt. La volonté de diversifier un peu l'aventure se fait ressentir via les mini-jeux, l'utilisation d'actions contextuelles ou la possibilité de photographier des bad-guys mais malheureusement, ceci ne suffit pas à faire de Spider-Man 3 un jeu à conseiller. Autant aller voir ou revoir au cinéma le plus proche la déclaration d'amour de Sam Raimi à un des plus grands super-héros de tous les temps.