Jeu PC. Successeur spirituel du grand Total Annihilation, Supreme Commander est un STR futuriste également créé par Chris Taylor dans l'optique de remettre au goût du jour la stratégie avec un grand S et pas seulement les petites batailles tactiques comme on a de plus en plus l'habitude de voir dans les titres du genre. Ici, ce sont des cartes de taille gigantesque sur lesquelles on peut s'affronter en utilisant des armées qu'il ne suffit pas de produire en grand nombre pour l'emporter. Il vous faudra en effet utiliser au mieux les complémentarités entre chaque type d'unités terrestres, aériennes et navales pour espérer gagner la guerre totale qui oppose les trois factions du jeu.
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L'humanité est en plein essor lorsque intervient un événement qui va changer à tout jamais la physionomie de certains êtres humains. En effet, le docteur Gustaf Brackman a trouvé un moyen d'implanter des puces électroniques dans les cerveaux afin de booster leurs capacités. Ainsi naissent les Symbionts. Très vite, ces derniers se retrouvent totalement exploités par la Fédération Terrienne Unie qui ne les considère pas comme des humains à part entière. Pour remédier à cette situation inacceptable, le Docteur Brackman et ses disciples s'enfuient sur des planètes éloignées et y fondent la nation cybranne. Leur objectif est simple : libérer leurs frères Symbionts asservis. De son côté, la FTU continue à coloniser de nouvelles planètes, et ce qui devait arriver arrive finalement : la FTU découvre l'existence d'un peuple extraterrestre. Pacifiques et partageant leur savoir avec les hommes venus sur leur planète, les aliens sont rapidement accusés par une frange de la population de vouloir propager leur manière de voir l'univers et la FTU lance alors une attaque sur leur astre d'origine. Résultat : l'espèce s'éteint purement et simplement. Sa philosophie pacifique n'est cependant pas morte puisque ses disciples humains comptent bien lui rendre hommage en fondant le peuple des Aeons. Leur but ? Purifier la galaxie et montrer à tous la voie de l'infinie sagesse que leur ont appris les aliens.
Mise à part la cinématique de présentation, on n'a ensuite accès qu'à de petits briefings entre les missions ce qui fait qu'on a un peu de mal à bien s'impliquer dans un scénario qui cumule en plus quelques poncifs. C'est vraiment dommage, d'autant que les missions elles non plus ne nous ont pas donné entière satisfaction. Leur architecture n'est pourtant pas à mettre en cause puisqu'elle est plutôt bien pensée. En effet, contrairement à beaucoup de STR, on n'a pas accès à la totalité de la map d'un seul coup. Au début d'une mission, vous ne pourrez vous balader que sur une petite partie de la carte et ce n'est qu'en accomplissant certains objectifs qu'une nouvelle portion des lieux sera dévoilée. Ce système est plutôt intéressant puisqu'on peut ainsi bâtir sa base plutôt tranquillement pour ensuite seulement se lancer dans une offensive de grande ampleur sur des maps de taille parfois gigantesque. Hélas, le défaut, c'est qu'on peut rester très longtemps sur la même planète. Il m'a par exemple fallu près de trois heures pour terminer une des missions de la campagne Aeon et ainsi pouvoir passer à la suivante.Globalement, ça manque d'intérêt, de punch, de rythme.
Voyons donc ce qu'il propose au niveau du mode escarmouche. Quatre types de conditions de victoires sont disponibles : les parties sans fins, celles où il vous faut détruire toutes les unités adverses pour l'emporter, celles où il vous suffit d'anéantir les bâtiments et les ingénieurs ennemis et enfin, celles où le jeu se termine lorsque vous avez détruit les UBC adverses. Un UBC (unité blindée de commandement) est un gros robot avec lequel on commence les parties. Hormis sa grande résistance et ses larges possibilités d'évolution, un UBC a la particularité de pouvoir construire les bâtiments de base indispensables à l'établissement de votre camp. C'est donc grâce à lui que vous commencerez à construire avant de faire appel à d'autres unités : les ingénieurs. Au maximum, les armées peuvent compter 1000 unités et pour les produire, vous aurez besoin de deux ressources : la masse et l'énergie. Elles se récoltent en bâtissant des extracteurs et des générateurs. Les premiers sont nettement plus efficaces, mais ils ne peuvent être construits qu'à certains endroits de la carte, des lieux hautement stratégiques qu'il faut tenter de conserver pour s'assurer d'un approvisionnement suffisant.
Bref, il faut bien veiller au rapport entre les ressources produites et celles dépensées sous peine de vous trouver à court, ce qui a de graves conséquences sur le fonctionnement des bâtiments et sur la vitesse de construction. Pour ce qui est de l'IA, elle est capable du meilleur (stratégies poussées de contournement, utilisation parfaite des capacités des unités...) mais aussi du pire. C'est assez inégal et il vaudra donc mieux jouer en multijoueur si l'on veut éviter ces quelques problèmes.
Son gameplay semble en effet taillé pour cette activité. Ainsi, le gigantisme des cartes (certaines font 80 km de côté) fait que l'on peut vraiment prendre part à des batailles dantesques. De plus, beaucoup d'unités que l'on peut construire ont des capacités spéciales intéressantes à utiliser. Bref, au niveau des possibilités stratégiques, on n'est pas déçu, d'autant qu'il n'y a pas que des combats frontaux dont on doit s'occuper. Le joueur ayant la possibilité d'avoir des armes de longue portée (missiles nucléaires par exemple), il est indispensable de mettre en place des défenses correctes contre ces armes dévastatrices dont personne n'hésitera à se servir. Radars, batterie de missiles anti-missiles sont des éléments à ne pas négliger.
On peut en effet passer d'un cadrage de l'action de très près à une vue globale d'un simple mouvement de la molette. Vu la taille des cartes, cette fonctionnalité se révèle très utile pour voir la position de son armée et pour déplacer plus facilement ses unités, car ce qu'il faut dire, c'est que même en zoom éloigné, vous gardez le contrôle et pouvez déplacer vos troupes. Pour avoir l'oeil sur deux lieux simultanément, le jeu prend aussi en charge le dual screen : il est donc possible de jouer sur deux écrans. Ceux qui n'ont pas le matériel nécessaire pourront se consoler en partageant leur moniteur en deux, mais il faut préciser que lorsque vous utilisez le split screen ou le dual screen, le jeu devient encore plus gourmand en ressources matérielles et que cela devient carrément injouable sur un Intel Core 2 Duo 6600, 2Go de RAM, Geforce 8800 GTX. Commander en écran simple et détails à fond, excepté en mode escarmouche sur les plus grandes cartes où ça rame fortement. Bref, Supreme Commander est fait pour les PC ultra costauds.
Si vous accordez une grande importance à la campagne solo, alors le jeu n'est pas fait pour vous. Il n'est pas non plus pour vous si vous aimez les parties rapides et les gameplays simples, accessibles à la Command & Conquer ou à la Dawn of War. En revanche, si vous êtes à la recherche d'une expérience multijoueur et de combats de grande envergure et que vous avez adoré Total Annihilation, alors vous pouvez vous procurer Supreme Commander les yeux fermés.
Et non, pas de 18/20 ni même de 17/20. Vous devinez tout de suite pourquoi si vous avez lu le test, les trois campagnes solos sont loin d'être à la hauteur et se sont révélées fades et molles. En outre, le mode escarmouche sur les grandes cartes réclame une configuration de brute pour tourner correctement. C'est donc en multijoueur que Supreme Commander prend toute son ampleur. Supreme Commander offre de colossales possibilités stratégiques grâce à ses unités intéressantes, à la taille de ses maps et à ses mécanismes de jeu qui se prêtent parfaitement à l'exercice. Si vous aimez jouer à plusieurs et que la relative difficulté de prise en main ne vous rebute pas, vous pouvez aisément vous laisser tenter.
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