The Warriors - Jeu PSP

Retranscrire dans un jeu, la force percutante d'un film de la fin des années 70 tel que The Warriors sans en trahir l'esprit n'est pas nécessairement évident. Rockstar s'était pourtant acquitté de cette tâche avec un certain talent. Le produit de leur labeur, sorti sur PS2 et Xbox en 2005, se dressait en concentré de mauvais goût et de violence, parfaitement dans la veine des autres productions du studio à l'origine de la sulfureuse série des Grand Theft Auto. Leur nouveau challenge : transposer leur beat'em up sur PSP. Alors, pari tenu ?

The Warriors sur PSP est la copie quasi parfaite du soft de 2005 et offre presque le même contenu au joueur avide de sensations fortes.


Rockstar a vraiment fait les choses en grand puisque le mode coopération dont on aurait pu craindre la disparition est bel et bien là et permettra donc à deux possesseurs de PSP de mettre New York à feu et à sang. En plus de ça, on trouvera toujours le mode baston rapide et ses variantes dont le titre me dispense de descriptif, ainsi que l'étonnant Armies Of The Night qui n'était disponible dans les anciennes versions que sous la forme de contenu à débloquer. Mais au fond, The Warriors sur PSP n'apporte pas grand-chose de plus que son prédécesseur, si ce n'est la possibilité de s'affranchir de l'écran splitté en coop, et le bonheur de matraquer des individus virtuels alors qu'on reste sagement assis dans un bus de ville, entre deux grands-mères pomponnées et leurs caniches respectifs.

On se retrouve donc en 1979, à errer au sein d'une version cauchemardesque de New York. La ville est dominée par une multitude de gangs rivaux qui luttent pour le contrôle de quartiers presque tous aussi glauques les uns que les autres. La police est bien là mais semble totalement dépassée par les événements. C'est en tant que nouvelle recrue d'un gang pompeusement appelé The Warriors, les guerriers, que vous débutez l'aventure. Les Warriors se livrent comme tout autre gang à une guerre sans merci contre leurs ennemis jusqu'à qu'un puissant chef voisin, Cyrus, décide d'unir tous les gangs de la ville sous sa coupe, afin d'éliminer définitivement ce qui reste des forces gouvernementales et de faire de New York l'utopie anarchique dont il rêve. Le visionnaire organise un gigantesque rassemblement mais ne trouve rien de mieux que se faire assassiner par un autre chef de gang, qui aura tôt fait de mettre le crime sur le dos des Warriors. S'ensuit une gigantesque chasse à l'homme prétexte à une débauche de violence malsaine pour certains, jouissive pour d'autres mais à laquelle on ne pourra enlever les indéniables qualités de mise en scène.

Le décor est posé, attachons-nous maintenant à l'essence de The Warriors.

Le soft se pose en Beat'em up de luxe et les missions de la campagne, pourtant très bien scénarisées, ne sont souvent prétexte qu'à des bastons de masse où rien ne vous est interdit. Frapper des femmes ou des clochards endormis, détrousser des passants, piller des magasins, détruire des voitures, acheter de la drogue pour remonter sa barre de vie ou des bombes de peinture pour taguer les murs crasseux de la mégalopole, voire d'autres personnes. Ainsi les aires de «jeu» sont relativement limitées à une ou deux grandes rues et toutes les ruelles et arrière-cours adjacentes.

Ce que le soft n'offre pas en liberté pure, il vous le donne en variété de coups et en actions contextuelles diverses. Vos personnages disposent d'une palette de mandales particulièrement complète et les premiers mouvements qui vous seront enseignés au début ne constituent qu'une base sur laquelle se reposer pour mieux expérimenter de nouvelles approches. Parti des traditionnels coups de poings, de pieds ou d'autres choses, on pourra également projeter ses adversaires ou les agripper pour les noyer sous les coups, voire même récupérer quelques armes redoutables. La richesse du système de combat est tout simplement bluffante, d'autant qu'elle se trouve accentuée par la possibilité de donner des ordres aux autres membres du groupe. Et oui voyez-vous, on n'est pas tout seul à se battre par la survie des Warriors et les autres membres de la bande ne sont pas en reste. Les délinquants du gang obéissent à peu près correctement à des ordres basiques du type «Massacrez-les !», «Couvrez-moi !» ou le très satisfaisant «Saccagez tout !» qui vous permettra de découvrir que quelques éléments du décor sont destructibles.

The Warriors accuse en effet quelques saccades lorsque les combattants se font trop nombreux à l'écran et la PSP, qui ne s'en tire tout de même pas trop mal, semble souvent peiner sous le lourd fardeau de ce Warriors.

Cela dit, l'univers crasseux dépeint sur les consoles de salon est fidèlement reproduit, même si le tout a logiquement perdu de sa finesse. Malheureusement, les petits inconvénients ne s'arrêtent pas qu'à l'aspect extérieur du titre car la prise en main ne sera pas toujours évidente, notamment quand il s'agira de taguer des murs avec le stick de la PSP, ou encore de frapper avec précision une cible spécifique. On se retrouvera souvent à lâcher des combos au hasard, dans le vide ou sur quelqu'un à qui la pluie de mandales n'était à priori pas destinée. Tout ne tient pas qu'à la PSP ceci dit et il semble que votre personnage manque parfois de réactivité. Mais cessons les jérémiades, car malgré ces problèmes, le jeu reste jouable la plupart du temps, jouable et sauvage.

On sera peut-être tenté de voir en The Warriors une glorification gratuite de la violence, de la misogynie et de la drogue. Un contenu scandaleux fait vendre, c'est certain, mais il tiendra à chacun de se faire son avis sur ce soft et son univers qui même en étant décalé dans le temps et inspiré d'une oeuvre de fiction rappelle inévitablement les plus sordides faits divers dont nous abreuvent les médias. Notons enfin que les possesseurs du soft sur PS2 et Xbox n'auront pas grand intérêt à acheter cette version PSP, et que les autres en revanche y découvriront sans doute une histoire solide doublée d'un très bon défouloir. Un bon jeu donc, si l'on adhère au concept, mais à ne pas mettre entre toutes les mains.
Dans l'incapacité de prendre nos propres images, les screens qui ornent cette page nous sont fournis par l'éditeur.

The Warriors sur PSP est une solide adaptation du soft sorti sur PS2 et Xbox en 2005, tout comme ce fut le cas pour GTA.

La conversion sur la portable de Sony ne s'est pas faite sans concessions, mais dans l'ensemble le soft n'a pas perdu grand-chose de la rage et de la fureur de ses premiers instants. Une histoire mature solidement soutenue par un gameplay efficace et même occasionnellement brillant mais que la console peine souvent à mettre vraiment en valeur, voilà ce qui ressort de ces quelques heures passées en compagnie des membres peu fréquentables des Warriors.