Précédant de quelques semaines la sortie du film dans les salles obscures, les tortues ninja envahissent la quasi-totalité des supports de jeu existants pour bien nous montrer qu'elles n'ont pas pris une ride et savent toujours se battre avec classe à condition de pouvoir se gaver de pizzas. Au programme, un zeste d'action et beaucoup d'acrobaties pour un résultat franchement léger.
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Le début du soft s'oriente en effet plutôt vers le beat'em all, rappelant plus ou moins ce qu'on a pu voir dans Eragon par exemple, avec des zones dédiées aux combats et où vous devez anéantir la totalité des ennemis avant de pouvoir poursuivre votre périple.
A vrai dire, plus des trois quarts du jeu sont constitués de ce type de séquences exigeant un minimum d'adresse et de doigté, sachant que les combats ne viennent jamais s'immiscer dans ces moments-là tant que vous n'avez pas rejoint un terrain stable propice aux règlements de compte. Vous pourrez ainsi tournoyer sur des barres fixes, mais aussi prendre appui sur les parois pour courir sur les murs ou simplement rebondir dessus, parfois même sans le vouloir, ce qui n'est pas sans générer quelques désagréments. Les quatre tortues sont cependant dotées des mêmes capacités de mouvements pour ce qui est des acrobaties, et se démarquent seulement par leur manière de se battre. On regrettera en effet que certains niveaux s'éternisent inutilement sans chercher à offrir une progression variée, puisque ce sont toujours les mêmes routines qui sont mises à contribution.
Tout est fait pour vous inciter à aller vite en courant vers la sortie sans perdre une seconde, et vous êtes bien contraint de jouer le jeu puisqu'il n'y a rien d'autre à faire. On se prend vite à regretter l'absence totale d'interactions possibles avec le décor en dehors des prises d'appui, et le fait que ces environnements ne comportent absolument aucun élément destructible. Qui plus est, le cheminement ne fait intervenir aucun bonus ou power-up à utiliser, le plus inexplicable étant qu'on ne trouve pas la moindre trace de pizza pour se régénérer. Quant aux boss, ils ne brillent pas par leur nombre et attendent sagement que vous veniez leur régler leur compte sans opposer une résistance digne de ce nom.
Durant les premières missions, les disciples de maître Splinter se contentent de nous raconter leurs exploits individuels, ce qui justifie le fait que les niveaux de départ ne nous permettent pas de les contrôler simultanément. Il faut donc patienter une bonne heure avant d'avoir la possibilité de passer d'une tortue à l'autre pour utiliser leurs particularités, sachant que même lorsqu'elles sont censées vous accompagner, les autres tortues n'apparaissent jamais à l'écran. En dehors des enchaînements de base, des esquives et des attaques sautées, on ne peut aucunement varier les méthodes de combat pour rendre les affrontements un tant soit peu amusants. Les seules subtilités proposées se résument aux coups chargés qui nous permettent de frapper successivement tous les ennemis à l'écran, et aux frappes spéciales qui deviennent accessibles lorsqu'on a fait suffisamment de victimes.
A certains moments, vous devrez faire appel à vos coéquipiers pour qu'ils vous projettent dans les airs afin de franchir certains pièges. Mais la majeure partie du temps, on se contentera seulement d'utiliser les armes propres à chaque personnage pour avancer. Leonardo, surnommé le fantôme de la jungle après son retour d'Amérique du Sud, possède un médaillon qui lui permet de passer à travers les grilles. De son côté, Raphaël, devenu le Nightwatcher pour aider les forces de l'ordre à combattre le crime, est le seul capable d'escalader les murs avec ses saïs. Enfin Donatello joue les perchistes pour franchir les précipices à l'aide de son bô, tandis que Michelangelo flotte dans les airs en faisant tournoyer ses nunchakus. A cause de son approche beaucoup trop réductrice, TMNT : Les Tortues Ninja se fermera les portes d'une majeure partie du public qui se contentera s'assouvir son envie de tortues en allant voir le long-métrage au cinéma.
Le résultat est certes plus convaincant que les dernières tentatives de Konami, mais l'approche trop réductrice de ce titre le rend profondément ennuyeux.
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