En 2004, Relic frappait un grand coup avec Dawn of War, premier jeu de stratégie en temps réel situé dans l'univers Warhammer 40,000 (les précédentes adaptations étaient restées cantonnées au tour par tour). Suivirent des extensions de qualité, augmentant peu à peu le nombre de factions jouables, jusqu'à ce que toutes soient représentées. Toutes ? Non ! Une race résistait encore et toujours aux développeurs : les Tyranides. Mais la Ruche s'est enfin réveillée. Plus affamée que jamais, elle s'apprête à déferler, dévorant tous les mondes situés sur son passage. Pour repousser cette menace, il n'y a qu'une poignée de Space Marines du chapitre des Blood Ravens que vous, leur commandant, allez devoir mener à la bataille. Dans cet ultime combat, l'échec n'est pas permis. Le destin de l'Imperium est entre vos mains !
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Le sous-système planétaire Aurelia est la cible de bandes d'Orks qui mettent à sac tout ce qu'ils peuvent. Après tout, c'est encore ce qu'ils savent faire de mieux. Mais les humains vont vite se rendre compte que les peaux vertes sont en réalité manipulées par les Eldars pour contrer un danger plus grand encore : les Tyranides ! Au total, ce sont donc quatre belligérants qui vont se mettre joyeusement sur la tronche. Pas d'autre faction dans l'immédiat, même si on peut s'attendre à en voir débarquer dans le futur, comme d'habitude avec Relic. Si les Taus et les Nécrons sont dispensables, les adeptes du mal regretteront probablement l'absence du Chaos.
Relic rime plus que jamais avec épique. La grande force de cette trame, c'est de laisser une grande liberté de choix. Entre chaque mission, vous êtes à bord de l'Armageddon, devant une carte stellaire, où vous pouvez étudier les différents objectifs disponibles. Au départ, vous avez peu de latitude, vous pouvez tout juste choisir dans quel ordre éliminer deux chefs Orks. Cependant, les possibilités vont rapidement s'enrichir, au point que vous passerez parfois un quart d'heure devant cette fichue carte avant d'opter pour une affectation... Sans oublier les missions facultatives qui peuvent accorder de précieux avantages. La sélection est difficile, d'autant que certains objectifs expirent au bout d'un certain temps, qu'il existe plusieurs sites vitaux à capturer, et qu'il faut également tenir compte du taux d'infestation de chaque planète par les Tyranides.
Il faut donc davantage parler de tactique. Pendant les combats, vous ne contrôlez qu'une poignée d'unités, quatre escouades pour être précis, ne dépassant pas quatre Space Marines chacune. Sachant que votre commandant ou un dreadnought comptent à eux seuls comme une escouade, vous ne contrôlerez jamais plus d'une douzaine d'hommes. C'est le reproche, légitime, qui risque de revenir dans la bouche de beaucoup de fans de Warhammer 40,000 : l'échelle n'est pas du tout la même que dans le jeu de plateau de Games Workshop. Il ne faut pas en chercher une adaptation fidèle dans Dawn of War II. DoW II emprunte le système de couverture de Company of Heroes, ainsi que son moteur physique. Les parties consistent alors souvent à progresser d'un abri à l'autre, en prenant garde car l'environnement est entièrement destructible.
Dans le genre pyrotechnie extatique, CoH faisait déjà très fort, mais Dawn of War II atteint un niveau encore jamais égalé. Un vrai régal pour les yeux, mais aussi pour les oreilles, grâce à des bruitages de haute volée et des envolées musicales dantesques. Il faut voir une armée de Tyranides se faire pulvériser par une frappe orbitale, un groupe d'Eldars tomber sous les coups d'épée-tronçonneuse du commandant ou un Ork malheureux se faire déchiqueter par un dreadnought dans un hurlement d'agonie. Tout n'est que fureur, chaos. Sublime.
Après un spectacle à ce point jouissif, on sort forcément lessivé d'une mission - lessivé, mais heureux. Il est alors temps de prendre un peu de repos à bord du bien nommé Armageddon. Là, vous allez pouvoir bichonner vos soldats leur octroyant objets et capacités spéciales grâce à l'expérience accumulée au combat. Sachant que chaque groupe possède sa spécialité à la base. Il y a Avitus et ses devastator, rompus au maniement des armes lourdes, Cyrus et son unité de scouts, parfaits pour l'infiltration, les marines d'assaut de Thaddeus, équipés de jetpacks... Vous pouvez néanmoins affiner leur domaine de prédilection en répartissant des points dans quatre branches : résistance , dégâts à distance, puissance et volonté . Ca débloque diverses capacités, comme une charge ou un tir de suppression.
Si les bâtiments sont toujours aux abonnés absents, on retrouve les deux ressources classiques de la série, à savoir l'énergie et les réquisitions, conférés par des points à contrôler sur la carte. Les matches font donc la part belle à l'attaque, avec de multiples escarmouches qui se déclarent très vite autour de quelques lieux stratégiques. L'équilibre est cependant à revoir, les Eldars semblent un peu trop puissants en l'état actuel des choses. Gageons que Relic saura y remédier grâce à des correctifs dans les mois à venir. Globalement, le multi reste quand même fun à jouer. Mais tout n'est pas parfait pour autant, deux défauts ternissent l'expérience.
En comparaison, son ancêtre fait presque figure de pâle brouillon. Un brouillon qui aura tout de même servi à élaborer un chef-d'oeuvre, un nouveau monument de la stratégie en temps réel, un de ces rares titres cultes dont on chantera encore les louanges dans de nombreuses années. Peut-être pas au 41ème millénaire, mais pendant longtemps on se remémorera tel assaut d'un camp Ork sur Calderis, telle défense héroïque dans la jungle moite de Typhon, tel combat épique contre le Seigneur fantôme Eldar...
Le studio canadien nous offre une campagne solo mémorable comme nous n'en avions pas vécue depuis longtemps. On ne peut qu'être admiratif devant le résultat obtenu, et on se prend à rêver de ce que pourrait donner une telle épopée du côté des Orks ou du Chaos... Que vous soyez fan de Warhammer 40,000, féru de stratégie ou simplement amateur de grand spectacle vidéoludique, Dawn of War II est un titre à ne manquer sous aucun prétexte.
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